[rub 8 - petit déjeuner] Petit-déjeuner de la MOM
La campagne de fouille 2021 à Taposiris et Plinthine
Avec Bérangère Redon, historienne et archéologue, chargée de recherche au CNRS (HiSoMA) et Marie-Françoise Boussac, professeur émérite d’histoire grecque, Université Paris Ouest Nanterre La Défense
- jeudi 30 septembre 2021 - 9h - salle Reinach - 4e étage - MOM - entrée par le 86 rue Pasteur - Lyon 7e
Les deux villes voisines de Plinthine et Taposiris Magna sont situées aux limites nord-ouest de l’Égypte, entre la mer Méditerranée et le lac Maréotis. Cette localisation stratégique a conféré aux sites un rôle de porte d’entrée de l’Égypte. Plinthine est occupée au moins à partir du Nouvel Empire, durant plus d’un millénaire et son économie est tournée vers la production intensive de vin. Taposiris Magna est fondée à l’époque ptolémaïque et atteint l’apogée de son activité à l’époque romaine grâce à un système portuaire ingénieux, aménagé sur le lac Maréotis. Les découvertes réalisées durant la campagne 2021 par la mission française de Taposiris Magna et Plinthine permettent d’affiner encore ces connaissances. Une rue construite à la Troisième Période Intermédiaire, deux secteurs d’habitat d’époque saïte, un fouloir saïte, une villa viticole ptolémaïque et un sanctuaire de la même époque ont été explorés à Plinthine, tandis qu’à Taposiris, le port a fait l’objet de sondages et relevés.
Vue du port de Taposiris Magna (© MFTMP, J. Le Bomin 2021)





Après la fouille d’un premier site minier, Samut Nord, localisé au sud de la région, entre 2014 et 2016, la MAFDO a commencé à explorer en janvier 2020 le site minier de Ghozza, situé à la limite nord de la zone aurifère exploitée dans l’Antiquité. Les galeries antiques sont intactes et plus de cent entrées de mines ont été repérées et explorées ; le village est composé de dizaines d’îlots organisés assez régulièrement et un édifice de bain (exceptionnellement bien préservé) permettait à une partie de la population de s’y relaxer. Le site est abandonné au cours de l’époque ptolémaïque et un fort romain est construit au Ier s. ap. J.-C., sur l’une des routes qui menait au Porphyritès, une carrière de porphyre mise en exploitation à cette époque. À une dizaine de km à vol d’oiseau, un autre fort romain a été fouillé par la mission ; localisé lui aussi sur une route menant au Porphyritès, le fort de Deir el-Atrash est construit durant le Haut Empire. Grâce à une réoccupation du fort au Ve s. ap. J.-C., durant laquelle on a chemisé les tours du fort originel de tours en briques crues, un fresque figurant cavaliers et chameaux, a été découverte, qui ornait l’une des tours du Haut Empire.