inventaires de Mecquenem

Chaque année, Roland de Mecquenem associait la liste des objets découverts aux rapports qu’il envoyait au Ministère de l’Instruction Publique. Ces inventaires, plus de 8600 numéros en tout, ont été retranscrits et harmonisés, avant d’être intégrés dans une base de données dans la perspective de cette publication.

Les inventaires conservés au Centre Historique des Archives Nationales commencent en 1921 et s’échelonnent jusqu’en 1939, seul celui de 1936 manque à l’appel. Chacun d’entre eux recevait une lettre destinée à précéder le numéro de fouille ; celle-ci peut toutefois être la même pour plusieurs années consécutives : Série E de 1921 à 1923, série M pour 1930 et 1931. Ils mentionnent par ailleurs le N° de fouille attribué aux objets ainsi qu’une description succincte de leur nature. C’est seulement à partir de 1929 qu’une date, dont la terminologie peut varier d’une année à l’autre, leur est systématiquement attribuée.

En 1930 la nouvelle loi sur les antiquités, votée par le parlement iranien, impose désormais le partage des objets découverts. Ces nouvelles dispositions contraignent alors Mecquenem à enrichir ses inventaires de listes de répartition des objets entre Téhéran et Paris. Toutes ne sont pas conservées. Par ailleurs, de 1937 à 1939, le fouilleur présente en deux inventaires distincts les objets issus des fouilles de Suse et ceux de Tchoga Zembil.

Reprenant à son compte les méthodes de son prédécesseur, mais avec beaucoup moins de rigueur, Mecquenem ignora la stratigraphie archéologique au cours de ses campagnes : convaincu de fouiller des nécropoles, il négligea le plus souvent l’architecture de briques crues et ne distingua pas le matériel des tombes de celui des niveaux d’occupation. C’est pourquoi, ses datations doivent être considérées avec prudence, même si on s’accorde généralement à reconnaître qu’il est parvenu à les affiner au fil des années.