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Maison de l'Orient et de la Méditerranée Jean Pouilloux

Fédération de recherche sur les sociétés anciennes

Université Lumière Lyon 2 - CNRS

[on en parle] Hommage à Françoise Martin

Hommage à Françoise Martin
Vendredi 04 Mars 2016

Ancienne Secrétaire générale de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée Jean Pouilloux, Françoise Martin nous a quittés le 26 février 2016. Cruelle ironie du destin, elle est morte dans une chambre de l’hôpital St. Luc-St. Joseph en face de l’entrée de la MOM.
Avant d’inaugurer en 1987 ses fonctions de secrétaire générale —poste que Paul Sanlaville, alors directeur de la MOM, avait obtenu du CNRS pour elle —, elle avait été la première à diriger, pendant 11 ans, auprès de Jacqueline Bonnifet, à la Délégation régionale du CNRS, le service du personnel (actuelle DRH) nouvellement créé. C’étaient les débuts de la décentralisation « en province » de l’administration centrale !Françoise Martin © Service Communication MOM

Partout où elle a travaillé, Françoise a été pionnière. Son tout premier poste ne l’avait-il pas conduite chez Caterpillar, à Grenoble, fabricant d’engins de chantier ! Savait-elle alors —signe prémonitoire— qu’elle accomplirait pendant vingt ans, jusqu’en 2007, l’essentiel de sa carrière chez des archéologues ?

En arrivant dans une structure fédérative comme la MOM, elle n’était chargée, au départ, que des services communs et des personnels qui y étaient affectés. Mais, très vite et jusqu’au bout, elle a aidé les responsables des équipes constitutives dans la gestion de leur propre personnel. Elle gérait aussi les finances (soutien de base et crédits exceptionnels) des services communs et des fameux « thèmes transversaux ». Elle veillait à l’entretien des bâtiments, et a suivi de près la construction de la nouvelle bibliothèque. Elle organisait les « grands événements », comme le colloque d’archéologie jordanienne en 1989, marqué, entre autres, par la visite de la reine Nour dans nos murs, ou le dîner en l’honneur du ministre Curien, dans les locaux même de la Maison. Elle en parlait encore récemment. Forte de son expérience lyonnaise, elle a aussi conseillé les créateurs de nouvelles MSH, comme à Nanterre ou à Strasbourg.

Mais Françoise ne se cantonnait pas dans ses fonctions administratives. Elle suivait « ses » chercheurs sur leurs terrains, en participant à leur quotidien, à Dj’ade, à Ougarit ou dans Marges arides en Syrie, à Koweit, ou à Chypre chez des collègues américains.

Sans risquer d’être démenti, on peut affirmer que Françoise a joué un rôle décisif, et durable, dans l’histoire de la MOM. Avec les trois premiers directeurs, O. Aurenche, J.F. Salles et B. Geyer qu’elle a successivement « formés », elle a inventé un mode de fonctionnement, et l’impulsion qu’elle a donnée au départ anime encore le quotidien de la Maison. Elle avait, en particulier, parfaitement su gérer la double tutelle, le CNRS et l’Université, qui veille aux intérêts de la Maison. Françoise était aussi à l’aise avec le Service Recherche de l’Université qu’avec les services de son ancienne administration.

Son départ à la retraite avait constitué pour elle une étape douloureuse, même si cette épreuve a été, en partie, adoucie par les nombreuses amitiés qu’elle avait nouées tout au long de son parcours. Sa maladie, dont on n’avait sans doute pas assez tôt mesuré la gravité, a fini par l’emporter. Malgré notre tristesse, nous garderons longtemps le souvenir de Françoise dans nos mémoires. Pour perpétuer ce souvenir, une journée d’hommage sera organisée au mois de mai prochain. Chacun et chacune pourront alors venir témoigner de la Françoise qu’ils ont rencontrée, côtoyée et connue. 

Olivier Aurenche, le 3 mars 2016, avec l’aide de M.-O. Knauf, J.-F. Salles, B. Geyer, R. Boucharlat, J.-Cl. Decourt, E. Coqueugniot et Pierre Lombard.
© photo Service Communication MOM