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Maison de l'Orient et de la Méditerranée Jean Pouilloux

Fédération de recherche sur les sociétés anciennes

     

[rub 8 - Conférence] Les Doctoriales de la MOM

Les Doctoriales de la MOM
Mercredi 04 Novembre 2020

Une journée pour rencontrer et mettre en avant les doctorants des laboratoires de la MOM autour de deux temps forts.
- mercredi 4 novembre 2020 - de 9h30 à 15h30 - amphi - MILC - 35 rue Raulin - Lyon 7e
- affiche (.pdf)

Programme :
• La matinée (9h30-12h)
L’altérité : entre réalités et perceptions

- 10h - Charles Thiry (ArAR)
Entre importation, copie et imitation : l’évolution de vaisselier égyptien à la fin de la période pharaonique. L’exemple de l’Area 3 d’Assouan/Old Syene

La fin de la période pharaonique s’étend du milieu du IVe siècle av. J.-C. jusqu’à la conquête du territoire par Alexandre le Grand en 332 av. J.-C. Cette période de l’Égypte connait plusieurs bouleversements à la fois politiques et économiques. En s’ouvrant au marché de la Méditerranée orientale durant la XXVIe dynastie, l’Égypte a un accès direct à la culture et au réseau commercial égéen et levantin. Amphores à vin et à huile, lécythes, bassin-cuvettes sont autant d’éléments que l’on retrouve sur les sites archéologiques, du Delta égyptien jusqu’au sud du pays. Les fouilles menées par l’Institut Suisse du Caire à Assouan ont révélé deux zones riches de l’époque perse. À partir des données découvertes au sein du quartier domestique de l’Area 3, cette communication tachera de mettre en évidence le lien entre les importations étrangères (Levant et Égée) et la production céramique égyptienne découverte en contexte archéologique. Parmi ce mobilier, la majorité des formes étrangères ont été adaptées par les artisans égyptiens, montrant une assimilation de ces formes dans le vaisselier de cette époque. Associé à des formes originales issues des importations étrangères, le rôle de ces importations se précise. En outre, plusieurs éléments empruntent des ornementations issues de formes étrangères, comme des volutes, participant à l’adaptation des formes étrangères dans le vaisselier égyptien. Suivant la chronologie du site qui témoigne des prémices de l’hellénisation du territoire égyptien, cette communication présentera l’évolution de ces phénomènes émergeants dans la production céramique égyptienne.

10h30 - Florence Bret (HiSoMA)
Geneviève, Aignan, Loup, trois saints gaulois face aux Huns

Parmi les peuples étrangers que les héros des Vies de saints écrites au VIe siècle sont amenés à côtoyer du fait de la multiplication des pouvoirs politiques en Gaule, il y en a un dont la différence est exacerbée, qui semble plus « autre » que les autres. « Peuple en colère », « écumant de rage », doté d’un chef « sauvage », écrivent à propos des Huns les auteurs des trois Vitae qui narrent leur progression militaire, celles de Geneviève, Aignan et Loup, bien loin des rapports cordiaux, voire amicaux, que ces saints entretiennent avec les Francs ou les Goths. Nous voudrions étudier, dans cette communication, les moyens mis en place par les hagiographes pour présenter les Huns comme la figure d’altérité par excellence et les intérêts de cette vision hyperbolique. Les sujets d’Attila font, tout d’abord, l’objet d’un traitement qui ne peut qu’inspirer la terreur. Les comparaisons bestiales, les allusions à l’Apocalypse, la présence d’une typologie prophétique qui permet le parallèle entre l’armée hunnique et les fléaux de l’Ancien Testament œuvrent à suggérer un danger qui, pourtant, reste au stade de la suggestion. L’insistance sur les différences permet alors de mieux mettre en valeur le mérite du saint et le caractère proprement miraculeux de la survie des villes. Dans la Vie de Loup cependant, l’amorce d’une conversion possible d’Attila au christianisme, à la fin du chapitre, s’accompagne d’une humanisation du chef de guerre et place l’identité religieuse comme le vrai critère d’altérité. Mais il est possible d’aller plus loin en s’attardant sur la dimension civique des Vies. Principal acteur de la sauvegarde de la cité face à cet autre si différent, selon l’hagiographie, le saint devient, de son vivant, figure de protection publique. Symboliquement, sa résistance face à cet ennemi total fait de lui, une fois défunt, un patron capable d’intercéder auprès de Dieu en faveur de sa ville et de la protéger de ce qui doit rester autre à l’homme : le mal.

11h - Adrien Tourasse (ArAr)
La place des étrangers à Annecy (74) aux XIVe et XVe siècles d’après les sources textuelles

L’étude des chartes de franchises de la ville d’Annecy (1367, 1412, 1448 et 1491) et d’un ensemble de textes extraits des comptes  de châtellenie des XIVe et XVe siècle, permet d’établir une forte distinction entre le groupe urbain et ceux qui lui sont étrangers.
La première distinction est spatiale ; est étranger toute personne qui réside hors des limites de la ville. D’autres distinctions, sociales et économiques, viennent nuancer cette réalité. Le marchand étranger est accueilli et hébergé par un des jurés de la ville, qui s’assure ainsi une part des revenus de ses ventes, tandis que l’ouvrier·e venu des campagnes environnantes doit demeurer dans la ville ‘’pendant un an et un jour’’ et en respecter les coutumes avant de pouvoir revendiquer son appartenance à la communauté urbaine. Au-delà de la règle fixée par ces chartes, la volonté d’ouverture de la communauté urbaine est dépendante des crises que connait la ville. La vague de peste de la première moitié du XIVe siècle et l’incendie qui ravage la ville au début du siècle suivant vont avoir des répercussions importantes sur le statut des étrangers, même au sein des communautés déjà implantés. En dehors de ces crises une évolution se dessine au cours du XVe siècle, conforme aux principes de l’histoire urbaine. De main d’œuvre nécessaire dans les premières chartes de franchises, la figure de l’étranger évolue vers celle d’un visiteur, de passage lors des foires, probablement aussi lors de pèlerinages. Résidant dans la ville de manière temporaire il n’est pas tenu d’en connaître les coutumes et bénéficie à ce titre d’une certaine clémence. Si l’archéologie préventive n’a pas révélé de traces des pratiques de l’accueil dans la ville d’Annecy ; hospices, maladières et tavernes se dévoilent à travers l’étude des textes et des parcellaires anciens. Leur cartographie permet d’évoquer les flux de circulation au cœur desquels la ville se place et dont elle est dépendante.

11h30 - Anastasia Aksenova (HiSoMA)
Particularité de l’analyse de l’image de l’Autre : les récits de voyage comme sources (XIXe siècle)

La reconstruction d’image « d’autres peuples » est la méthode actuelle de connaissance des particularités spirituelles de telle ou telle société pendant la période définie de son développement. Dans le cadre de ma thèse « Développement de l’égyptologie russe au XIXe siècle (1801 – 1917) : voyage, collection, science », je voudrais présenter sa partie significative « Particularité de l’analyse de l’image de l’Autres : les récits de voyage comme sources ». La notion de « barbare » et de « civilisation » est apparue dans les sociétés anciennes, par conséquence, cette idée était bien développée à l’époque des Lumières. Grâce aux sources historiques telles que les récits de voyage russes (exemple, en Égypte), nous pouvons relever les principes de la création de l’image de l’Autres et de sa perception dans la société. En effet la notion de « Nôtre » n’a de sens qu’en opposition à « l'étranger », donc la recherche de son identité nationale suppose la recherche des oppositions. Nous pouvons utiliser la même approche pour l’identification de la conscience du groupe. Notamment l'analyse du récit de voyage, dans un contexte plus global, est une analyse de la conscience nationale où le voyageur sert de médiateur entre sa culture et celle de l’autre. En créant l’image de l’Égypte, le voyageur appliquait ses propres structures mentales qui ont influé sur sa perception. Le voyageur perçoit l’habitant local selon son modèle théorique, mais il peut changer sa perception, c'est-à-dire remplacer un schéma par un autre, lorsqu'il rencontre des situations irrationnelles pendant son voyage. D’un côté, les sources représentent l'expérience personnelle de l'auteur ou du voyageur dans son interprétation subjective. D’un autre côté, ces textes littéraires sont le produit de sa culture. Ces documents portent inévitablement toutes les caractéristiques typiques de l’époque. Dans cette présentation nous montrons les étapes principales de l’analyse de « l’Autres » et la particularité de l’analyse du type des sources historiques comme récit de voyage. Pour révéler le mécanisme de la formation de l’image de « l’Autre », nous prenons l’exemple des voyages russes en Égypte en 19e siècle. En conclusion, nous proposons l’image de l’Égypte analysée.

Les communications seront suivies de l’intervention d’un chercheur travaillant sur des thématiques proches de celles traitées mais pour des périodes et/ou régions différentes.

• L'après-midi (14h-16h)
Présentation de sujet de recherches de doctorants inscrits en 1ère et 2ème année.

14h - Camille Lamarque (Archéorient)
Morphologies et fonctions du chien en Gaule centre-est entre l’âge du Fer et l’époque romaine
(sous la dir. de E. Vila et M. Poux)

14h15 - Maxime Excoffon (HiSoMA)
La porte et ses vantaux. Archéologie et modélisation des systèmes de fermeture en Italie et Gaule méridionale (IVe - Ier s. av. J.-C.)
(sous la dir. de S. Bourdin)

14h30 - Georgia Giannaki (ArAr)
Les débuts de la céramique glaçurée en Grèce byzantine
(sous la dir. de Y. Waksman et P. Petridis)

14h45 Valentin Lafont (ArchéOrient)
Production et fonction des outils de broyage, d’abrasion et de percussion des sociétés néolithiques de Provence (VIe – IVemill. av. è. c.)
(sous la dir. de E. Thirault)  

15h - Présentation du Labo Junior
Sébastien Gondet, ArchéOrient et conclusion de la journée

15h30 - Clôture de la journée