Guide du Liban-sur-Web Édition du 13 décembre 2010


L’État, ses institutions et sa diplomatie

L’État libanais

Le Liban contemporain doit sa création aux efforts du patriarche Mgr Howayyek qui a demandé lors de la conférence de Versailles en 1919 le rattachement à la montagne libanaise des villes côtières (Tripoli au nord, Saida et Tyr au sud), de Beyrouth au centre et de la riche vallée de la Bekaa. Ceci a permis au Liban d’avoir les constituants d’un État fiable au niveau économique, stratégique et politique.

Le mandat français a ensuite permis de continuer l’application de la philosophie contradictoire des Tanzimat : la création d’unités politico-administratives permettant l’émergence d’un ordre politique communautaire. En 1926, le pays s’est vu doté d’une constitution de type libéral, inspirée de la constitution française de 1875 et de la constitution belge. Malgré l’institutionnalisation du confessionnalisme politique, imposé après la crise de 1860, et son amplification par la puissance mandataire à partir de 1920, l’élite politique libanaise, imprégnée de l’idéologie pluraliste et démocratique, a fait du jeu politique à travers l’assemblée représentative un instrument positif du système constitutionnel libanais.

La consécration de l’indépendance libanaise est le fruit d’un consensus entre deux communautés libanaises (maronite et sunnite) reflétant un nouvel état des forces sociales. Connu sous le nom de “ Pacte National de 1943 ”, il a instauré une logique communautaire dans le fonctionnement de l’État libanais.

Les institutions de l’État

Le Liban est une république régie par un système de démocratie dite “ confessionnelle ”. Il s’agit d’un mode de consociation spécifique : l’État est géré de façon consensuelle par les communautés qui le composent. L’accord de Taëf de 1989 qui a mis fin à la guerre civile a institutionnalisé ce système de gouvernance. La magistrature suprême, la Présidence de la République (http://www.presidency.gov.lb/) est réservée à une personnalité chrétienne maronite. La présidence du Conseil des Ministres (http://www.pcm.gov.lb/) revient aux musulmans sunnites. Quant à l’Assemblée Nationale (http://www.lp.gov.lb/), elle est réservée à une personnalité issue de la communauté chiite.

Le gouvernement, formé par un Premier ministre désigné par le Président de la République après consultation des groupes parlementaires, est constitué des ministères suivants:

Ministère des Affaires étrangères et des Emigrés (http://www.emigrants.gov.lb/)

Ministère de l’Intérieur (http://www.moim.gov.lb/)

Ministère de l’Economie (http://www.economy.gov.lb/)

Ministère des Finances (http://www.finance.gov.lb/)

Ministère des Postes et des Télécommunications (http://www.mpt.gov.lb/)

Ministère de la Santé Publique (http://www.moph.gov.lb/)

Ministère de l’Information (http://www.nna-leb.gov.lb/)

Ministère des Déplacés (http://www.ministryofdisplaced.gov.lb/)

Ministère de la Justice (http://www.justice.gov.lb/)

Ministère de l’Enseignement supérieur (http://www.higher-edu.gov.lb/)

Ministère de la Culture (http://www.culture.gov.lb/)

Ministère de l’Industrie (http://www.industry.gov.lb/)

Ministère de l’Agriculture (http://www.agriculture.gov.lb/)

Ministère de l’Environnement (http://www.moe.gov.lb/)

Ministère du Travail (http://www.labor.gov.lb/)

Ministère du Tourisme (http://www.lebanon-tourism.gov.lb/)

Ministère de la Réforme administrative (http://www.omsar.gov.lb/)

Ministère des Affaires Sociales (http://www.omsar.gov.lb/)

Les principales institutions du pays ont été créées par le Président Fouad Chéhab. Élu président après la longue crise politique de l’année 1958, cet ancien chef de l’Armée Libanaise (http://www.lebarmy.gov.lb/) a lancé une réflexion globale sur la modernisation du pays. Il a ainsi contribué à l’établissement du Conseil de l’Inspection Générale (http://www.cib.gov.lb/) et de la Cour des Comptes (http://www.coagov.com/).

L’image la plus classique du Liban est celle d’une Suisse du Moyen-Orient, Beyrouth, sa capitale, étant considérée comme le petit Paris de l’Orient. L’économie libanaise est perçue essentiellement comme une économie de services axée autour d’un système bancaire garanti par une gestion efficace de la Banque centrale libanaise (http://www.bdl.gov.lb/), et de la bonne qualité de ses infrastructures touristiques.

Le Liban post guerre civile a été largement influencé par la politique de reconstruction du Premier ministre Rafic Hariri. Ce dernier a su contourner certaines institutions de l’État libanais en créant le Conseil du Développement et de la Reconstruction (http://www.cdr.gov.lb/), un organisme attaché directement à la présidence du Conseil et dont la mission consistait à gérer les projets de reconstruction du pays en général et du centre ville de la capitale en particulier.

La diplomatie libanaise

Pays de petite taille, le Liban a toujours été influencé par son voisinage régional et par des ingérences étrangères. Officiellement, il entretient une relation privilégiée avec la Syrie, relation pourtant déstabilisée par l’ingérence syrienne qui a imposé le renouvellement du mandat de l’ancien Président de la République Émile Lahoud.

Cette crise qui a atteint son point culminant avec l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, a marqué le regain d’intérêt du Liban pour une autre puissance internationale : les États-Unis. Enfin, une troisième Puissance, dont la relation est moins conflictuelle avec le Liban, s’est imposée ces dernières années dans les priorités diplomatiques de l’État libanais : l’Union Européenne.

Le Liban est entré dans la dynamique européenne le 3 mai 1977 en signant l'Accord de Coopération économique, technique et financière avec la Communauté Économique Européenne. Cet accord constitue encore le cadre juridique des actions de coopération entre l'Union Européenne et le Liban. Une nouvelle impulsion a été donnée aux relations entre le Liban et l'UE en 1995 lors de la Conférence euro méditerranéenne de Barcelone (27 et 28 novembre) réunissant les ministres des Affaires étrangères des quinze États membres de l'UE et des douze partenaires du Sud de la Méditerranée. En 1995, les autorités libanaises ont souhaité ouvrir des négociations pour la conclusion d'un accord d'association, exprimant ainsi leur volonté de devenir un partenaire essentiel de l'UE. Après six années de négociations, le Liban et l'Union Européenne ont paraphé cet accord le 10 janvier 2002 à Bruxelles avant de le signer le 17 juin 2002 à Luxembourg. Le développement de cette coopération est consultable sur le site de l’action de l’Union Européenne au Liban (http://eeas.europa.eu/lebanon/index_fr.htm).


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