Guide du Liban-sur-Web Édition du 13 décembre 2010


    Guide du Liban-sur-Web

    Jamil Abou Assi
    Doctorant au CEME (Centre d'études des mutations en Europe) -Université Paris VIII

Internet au Liban

Malgré le développement des communications et la modernisation, parfois forcée, du pays des cèdres, Internet demeure au Liban un outil de communication et d’information relativement onéreux. Les fournisseurs d’accès dépendent en effet de l’État, et plus précisément du ministère de la Communication à travers l’entreprise publique Ogero (http://www.ogero.gov.lb/) qui détient le monopole et le pouvoir décisionnel sur l’extension du réseau et son amélioration. Paradoxalement, les autorités publiques, dont la mission principale est de servir la population, empêchent l’amélioration du service public, dont Internet. En effet, le secteur des télécommunications est devenu, depuis la fin de la guerre, la vache à lait du gouvernement engendrant la majorité des recettes de l’État. La répartition communautaire des postes ministériels provoque des divergences politiques qui cachent un conflit d’intérêt à caractère économique. Cette situation se traduit alors par un clientélisme communautaire et une dégradation du service public.

L’État essaie néanmoins, de moderniser ses structures : il a réussi à créer le Gouvernement Numérique (http://www.informs.gov.lb/), un portail administratif censé faciliter les diverses procédures administratives aux usagers du service public. Malheureusement, la corruption et parfois l’inefficacité de certains fonctionnaires rendent cette avancée sans effet sur le plan de la réforme administrative.

En dépit de la faiblesse du réseau et des problèmes structurels de son développement, on constate la richesse du Web libanais, qui est devenu un moyen pour les acteurs politiques, économiques et médiatiques de promouvoir leurs institutions et d’atteindre leurs objectifs. Pour l’acteur économique, le journaliste ou le chercheur en sciences sociales, Internet est une source d’information riche et dense. Le multilinguisme et la diversité du Web libanais permettent ainsi aux observateurs internationaux d’avoir une image assez claire d’un pays qui a été et qui reste l’un des plus stratégiques du Moyen-Orient.