| Guides de la recherche-sur-Web | Première édition (17 décembre 2008) |
Yémen : la "société civile"Les partis politiquesAu nombre de vingt-trois, les partis politiques n’ont pour la plupart pas de sites internet et, lorsque ceux-ci existent, leur accès n’est pas toujours possible. Pour en connaître au moins la liste, on se reportera sur le site du Supreme Commission for Election and Referendum (http://www.scer.org.ye/arabic/partys.htm) (arabe, anglais) qui donne leurs noms, leurs logos et un petit historique. Par ailleurs, chaque parti politique possède au moins un journal ou webzine, dont la lecture s’avère très instructive, tant pour se faire une idée de l’idéologie défendue par ces partis qu’en ce qui concerne leurs visions des événements de l’actualité, via le traitement de ces informations par "leurs" journalistes.
Le multipartisme yéménite actuel trouve son origine dans la réunification des deux ex-Yémen, à savoir : la République populaire et démocratique du Yémen (RPDY – ex-Yémen du Sud), proclamée en 1967 après le départ des Britanniques, et la République arabe du Yémen (RAY – ex-Yémen du Nord), mise en place avec la révolution de 1962 qui mit fin au système millénaire de l’imâmat zaydite. Le Sud Yémen était dirigé par le Parti socialiste yéménite (PSY – al-Hizb al-ichtirâkî al-Yamanî) (http://www.aleshteraki.net/) (arabe), de tendance marxiste-léniniste créé en 1978, tandis que le Nord Yémen se voulait conduit par le General People’s Congress Party (GPC - Mu’tamar Cha‘abî ‘Amm) (http://www.gpc.org.ye/) (arabe), parti unique créé en 1982 et dont le secrétaire général était ‘Alî ‘Abdallah Sâlih, actuel chef de l’Etat du Yémen réunifié (ce site ne semblant plus fonctionner en novembre 2008, on pourra se reporter à son webzine, Almotamar.net (http://www.almotamar.net/) (arabe) où il est beaucoup question du parti). Motivée par des problèmes économiques, la réunification des deux pays est officiellement proclamée le 22 mai 1990, avec la création de la République arabe du Yémen. Les deux anciens partis uniques s’associant pour gérer le nouvel État, le multipartisme entre dans la Constitution de la jeune République et du 22 mai 1990 au 27 avril 1993, date des premières élections législatives. On assiste alors à la création de nombreux partis politiques. Parmi ces nouveaux venus, figure le Mouvement yéménite pour la Réforme (al-Tajammu‘ al-Yamanî li-l-Islâh) (http://www.al-islah.net/) (arabe) dont l’action vise à contrebalancer l’influence socialiste et qui rassemble des dirigeants tribaux, des religieux et des hommes d’affaires conservateurs. Créé le 13 septembre 1990, ce parti « islamo-tribal » se voit fortement marqué par l’idéologie des Frères musulmans. Il sera dirigé jusqu’à sa mort en 2008 par le chaykh ‘Abdallah al-Ahmar, grand chaykh de la plus grande confédération tribale du Yémen (Hâshid). Très vite, le parti al-Islâh lance un certain nombre de journaux censés véhiculer son programme et sa ligne de conduite, dont Al-Sahwa (http://www.alsahwa-yemen.net/). En 1994, la tentative de sécession des dirigeants de l’ex-Yémen sud, qui s’estiment floués par la mise en pratique des termes de l’unification, met fin à cette première période de transition. Sanaa ayant envoyé l’armée pour éviter la scission, une guerre civile éclate. Battus par les armes, les Socialistes se verront par ailleurs progressivement écartés de l’échiquier politique par une habile manœuvre de leur allié d’hier, le CPG. Celui-ci imagine en effet contrer les Socialistes en favorisant la montée de leur opposant « naturel » : le parti al-Islâh. La stratégie réussit puisque Al-Islâh devient le deuxième parti politique le plus important et, même s’il demeure officiellement dans l’opposition, certains de ses membres obtiennent des postes ministériels importants alors que beaucoup de dirigeants socialistes doivent s’exiler. Affaibli, le PSY continue néanmoins à exister et à faire publier des journaux, notamment Al-Thawrî (http://www.althawry.org/). Parmi les autres partis présents sur l’échiquier politique yéménite, citons : Les syndicatsComme pour les partis politiques, il faut rechercher l’origine des syndicats dans l’histoire des ex-Yémen Sud et Nord. Pour le Sud, ce sont les Britanniques qui, en 1942, ont légalisé le syndicalisme comme forme d’organisation sociale. Pour le Nord, il faut attendre les lendemains de la révolution de 1962 pour voir apparaître les premiers syndicats. En 1990, à l’image des deux Yémen, les anciennes structures syndicales existantes ont fusionné. Depuis cette date, tous les syndicats doivent être affiliés à la Fédération générale des Syndicats des Travailleurs du Yémen (al-Ittihâd al-‘Amm li-Niqâbât ‘Ummâl al-Yaman) (http://www.gfytu.org/) (arabe), structure centralisée qui permet au gouvernement de contrôler plus facilement les revendications et les actions syndicales. On trouvera entre autre chose sur son site très fourni la loi de 2002 régissant les organisations syndicales, le rapport d’activité 2008, ses affiliations internationales ainsi que le journal de la Fédération. Depuis la fin des années 1990, lorsqu’un syndicat devient un outil d’opposition ou de contestation politiques et sociales trop important au goût du pouvoir en place et que la Fédération générale s’avère inapte à le contrôler, il opte pour une stratégie de fractionnement en créant un syndicat concurrent qui divise alors (ou tente de diviser) la mobilisation et l’union des travailleurs et des employés. Ainsi certains syndicats n’existent-ils que pour soutenir et justifier les décisions gouvernementales et combattre les oppositions. Sur les quinze syndicats yéménites existants, seuls quelques uns disposent d’un site internet. Outre les aspects organisationnels, on accède sur celui du Syndicat yéménite des Journalistes (http://yemenjournalist.org/) (arabe, anglais) à des articles se rapportant au syndicat et à ses activités ou plus généralement aux questions concernant les médias. Affilié à l’Organisation internationale des Journalistes (Prague), à la Confédération Internationale des Syndicats libres (Bruxelles), à la Fédération internationale des Journalistes (Bruxelles) et à la Fédération des Syndicats arabes des Journalistes (Le Caire), le Syndicat yéménite des Journalistes, présidé par Nâsir Taha Mustafâ, compte parmi les trois plus importants au Yémen , à côté du Syndicat des enseignants (qui n’a pas de site), du Syndicat des Avocats - Sanaa (http://www.sanaalawyers.org/)
(arabe) et du Syndicat des Avocats - Aden (http://adenlawyers.org/) (arabe). Ces derniers mettent sur leurs sites un certain nombre de documents et d’informations concernant leurs activités, mais celui des avocats de Sanaa a tout de même le mérite de mettre en ligne sa revue juridique. Le site de l’ Union Coopérative agricole (http://www.acu.org.ye) (arabe, anglais) a l’avantage de mettre à disposition des fiches générales et synthétiques sur l’agriculture, les productions animale et végétales et sur les activités (coopératives rurales de femmes notamment) et objectifs de l’organisation. Très peu fourni, on trouvera néanmoins sur celui de l’Union Coopérative de l’Habitat (http://www.fcuyemen.org/) (arabe), en charge des questions d’urbanisme, les derniers plans (quinquennal et annuel) élaborés et mis en œuvre par le syndicat dans chaque district du pays.
Notons que le site du Syndicat des Ingénieurs d’Aden (http://www.adenengineers.org) ne fonctionnait pas lors de la rédaction de ce guide. Par ailleurs, le Centre National d’Information yéménite publie un Annuaire des Unions, syndicats et associations au Yémen de référence (http://www.yemen-nic.info/download/union.pdf) (arabe). Les ONGLa liberté
d’association est garantie par l’article 57 de la Constitution de
1990. Mais c’est à compter des années 2000 que cette forme
d’action collective échappant à l’appartenance
familiale, tribale ou politique trouve son succès auprès des
Yéménites. Le site de
l’Ambassade du Yémen aux États-Unis
(http://www.yemenembassy.org/economic/YemeniNGOs.htm)(anglais) dresse la liste complète, mais pas toujours à jour,
des ONG internationales (2005) et yéménites (2003) travaillant au
Yémen. Selon ce dernier document, le pays compterait 150 associations,
dont 45 dans le domaine des droits de l’homme, 41 pour les femmes, 11 pour
la santé, 26 dans la culture et le développement, 12 dans
l’agriculture et l’environnement, et 15 syndicats. En règle
générale, les associations les plus actives sont celles qui
travaillent ou collaborent avec des ONG ou organisations
étrangères desquelles elles reçoivent la majeure partie de
leur financement ; ce sont aussi les seules à posséder un
site internet.
A titre
d’exemple, on peut consulter le site de
l’Ambassade de France au Yémen
(http://www.ambafrance-ye.org/spip.php?rubrique103)
(français) qui donne un certain nombre d’informations sur des ONG
locales avec lesquelles elle coopère.
Si la liberté d’expression des journalistes yéménites tend à se dégrader, la mobilisation de la profession, elle, s’organise et plusieurs ONG spécifiques au domaine se sont créées depuis le début des années 2000. De mieux en mieux affiliées au plan international et de plus en plus habiles à alarmer l’opinion publique sur la question très "porteuse" des droits de la presse, ces jeunes ONG yéménites manquent encore parfois (au même titre que la plupart des journalistes qu’elles défendent) de professionnalisme, de rigueur, d’objectivité et de capacités d’analyse. En témoignent leurs rapports alarmistes des années passées dont les conclusions hâtives et parfois infondées ont fait le tour du monde via des ONG internationales dans l’incapacité de vérifier les faits qui leur étaient rapportés. En constante amélioration néanmoins, au fil des ans et des formations dont elles bénéficient dans le cadre de l’aide au développement, les ONG Women Journalists Without Chains (http://www.womenpress.org/) (arabe) et Yemen Female Media Forum (http://www.yfmf.org) (arabe) (suspendu en novembre 2008), figurent parmi les plus prometteuses et les plus actives dans leur domaine. Leurs sites témoignent de leurs activités respectives : conférences, formations visant à professionnaliser leurs personnels et leurs membres, veille de la situation au Yémen, etc. Celui du Yemen Female Media Forum fournit également une revue de presse faisant état des problèmes rencontrés par les journalistes yéménites des deux sexes. Citons enfin la Yemen Journalist Arisen Corruption (Yemen JAC) (http://www.yemenjac.net/index.php) (arabe), organisation constituée de journalistes qui, dans un rapport sur la corruption en 2007 (accessible en ligne), scrutent attentivement le budget des différents ministères et organismes d’État pour y déceler toutes les irrégularités. Pour un panorama
plus général, on se référera aux sites des ONG
internationales mobilisées sur la question des droits de la presse et de
la liberté d’expression. La plupart consacrant une rubrique au
Yémen, ne sont citées ici que les ONG les plus importantes en
terme de visibilité. La plus rigoureuse et la plus fiable est sans nul
doute Article 19 – Global Campaign for Free Expression (http://www.article19.org/) (anglais, français, arabe, espagnol, russe,
portugais). Outre des rapports sérieux concernant le Yémen, son
site publie une étude très détaillée sur les projets
de nouvelle Loi de la Presse et les Publications qui mobilisent la profession
depuis 2005. On trouvera d’autres articles sur la question de la
liberté d’expression au Yémen sur les sites du Committee to Protect Journalists (http://www.cpj.org/mideast/yemen/) (anglais, français, arabe, espagnol,
portugais, russe), de
l’International Freedom of Expression eXchange (IFEX) (http://www.ifex.org/en/) (anglais, français, espagnol, russe, arabe),
d’Al-Karama
(http://fr.alkarama.org/index.php) (anglais, arabe), de
Menassat
(http://www.menassat.com/) (anglais, arabe) et de
Reporters sans Frontières (http://www.rsf.org/) (français, anglais, arabe, espagnol, persan,
chinois). Concernant les droits de l’homme, on consultera les rapports du Yemeni Observatory for Human Rights (http://www.yohr.org) (arabe), du Women’s Forum for Research and Training (http://www.wfrt.net/) (arabe, anglais) et de Hood – The National Organization for Defending Rights and Freedoms (http://www.hoodonline.org/index.php?newlang=english) (arabe, anglais), organisation qui s’attache à rester présente dans tous les gouvernorats du pays. On pourra également visiter le site de la Human Dialogue Association (http://www.dialogue-yemen.org/) (arabe anglais), organisation liée au parti al-Islâh, qui organise des conférences sur la question des droits de l’homme mais sous l’angle d’analyse du dialogue des cultures. On citera deux organisations étrangères sur les sites desquelles on trouvera des informations et des rapports sur l’état des droits de l’homme au Yémen : Amnesty International (http://www.amnesty.org/) (anglais, français, arabe, espagnol), Arab Human Rights du PNUD (http://www.arabhumanrights.org/en/countries/index.asp?cid=22) (anglais, arabe). On trouvera quelques articles sur le site de Human Rights Watch (http://www.hrw.org/en/middle-east/n-africa) (anglais, français, arabe) et deux rapports très instructifs sur la guerre civile qui s’est déroulée dans la région de Sa‘ada (Nord) entre 2004 et 2008 et sur laquelle il était très difficile d’obtenir des informations : Disappearances and Arbitrary Arrests in the Armed Conflict with Huthi Rebels in Yemen (http://www.hrw.org/en/reports/2008/10/24/disappearances-and-arbitrary-arrests-armed-conflict-huthi-rebels-yemen-0) (anglais) (24 octobre 2008) et Invisible Civilians. The Challenge of Humanitarian Access in Yemen’s Forgotten War (http://www.hrw.org/en/reports/2008/11/18/invisible-civilians-0) (anglais) (19 novembre 2008). Pour une fiche détaillée, on consultera le site du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme (http://www.ohchr.org/FR/countries/MENARegion/Pages/YEIndex.aspx) (français, anglais, arabe, espagnol, russe, chinois). On pourra enfin se reporter au site de la Fédération internationale des Droits de l’Homme (FIDH) (http://www.fidh.org) (français, anglais, arabe, espagnol, farsi) pour y lire quelques articles sur le Yémen.
D’autres ONG yéménites travaillent sur les questions liées à la "société civile", comme le Yemen Polling Center (http://www.yemenpolling.org/) (arabe, anglais) créé en 2004, qui s’est donné pour mission de présenter un état des lieux de l’opinion publique sur diverses questions sociales, politiques et économiques, avec pour objectif "d’apporter le changement au Yémen et d’y faire émerger la démocratie". On pourra également consulter le site du Cultural Development Programs Foundation (http://www.mugtama.net/new/default.asp) (arabe, anglais) (inaccessible en novembre 2008). Spécialisée dans l’éducation, la Democracy School (http://www.yemenchildren.org/) (arabe, anglais) travaille en collaboration avec la Fondation Friedrich Ebert sur les problèmes de scolarisation. Son site liste ses programmes d’activités. Très active sur les questions de "société civile", de démocratisation et d’éducation, la Fondation allemande Friedrich Ebert Stiftung (http://www.fes-yemen.org/index.php) (anglais, arabe), présente au Yémen depuis 1997, ajoute à la liste des projets et des programmes qu’elle finance, celle des ouvrages qu’elle publie. Les programmes du
think tank américain
National Democratic Institute for International Affairs
(http://www.ndi.org/worldwide/mena/yemen/yemen.asp) (anglais) s’attachent
au développement des partis politiques, à la participation des
femmes en politique, au renforcement du Parlement et à la
résolution de conflits tribaux.
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