Guides de la recherche-sur-Web Première édition (17 décembre 2008)


Yémen : les ressources académiques

Les universités yéménites

Force est de constater que le système éducatif yéménite est déficient, notamment à cause d’un manque de moyens financiers. Peu formés, sous-payés (seuls les titulaires d’un doctorat touchent 915 US dollars par mois en 2008) ou bien travaillant bénévolement dans l’attente d’une création de poste, les professeurs et enseignants (yéménites et arabes) du système public n’ont souvent que peu d’intérêt à s’investir professionnellement. Par ailleurs, les fonds alloués aux universités yéménites sont souvent détournés, au détriment de la recherche et de l’enseignement, par des responsables qui considèrent l’Université comme un poste de prédation économique. Si quelques cours y sont dispensés, la recherche est quant à elle quasi inexistante. Même si le ministère de l’Éducation a lancé en 2005 un vaste programme de réforme des cursus et des cours, les budgets n’ont guère augmenté et les effets positifs se font toujours attendre.

Les sites de ces universités publiques n’offrent que peu d’intérêt : on y trouve les programmes et quelques informations, mais quasiment aucune ressource n’y est accessible.

On citera néanmoins les deux principales universités, à savoir l’Université de Sanaa (http://www.su.edu.ye) (arabe, anglais), créée en 1971, et l’Université d’Aden (http://www.adenuniversity.edu.ye/) (arabe), la toute première université du Yémen créée en 1970. L’État a par ailleurs créé en 1994 à Sanaa l’Université nationale (http://www.nationaluni.net/index.php?newlang=arabic) (arabe), spécialisée dans les sciences dures.

Les universités régionales sont de moindre importance. L’Université de Ibb (http://www.ibbunv.com.ye/) (arabe, anglais) coopère avec le programme Erasmus Mundus (http://www.erasmusmundus7.net/) (anglais), l’Université d’al-Hudayyda (http://www.hoduniv.edu.ye/) (arabe et bientôt en anglais), l’Université de Dhamâr (http://www.thuniv.edu.ye/) (arabe) et l’Université des Sciences et des Technologies du Hadhramawt (http://www.hust.edu.ye/) (arabe, anglais).qui, en raison d’un partenariat avec les Américains, renvoie aux sites des universités américaines et à American Libraries.

Pour pallier aux déficiences des universités publiques, des Yéménites et des étrangers ont créé des universités et instituts privés, pour la plupart centrés sur les sciences dures. La qualité et le niveau d’enseignement n’y sont pas forcément plus performants, mais les coûts d’inscription exorbitants en font des lieux de reproductions des élites. En tête des meilleures, il faut citer l’University of Science and Technology (http://www.ust.edu/) (arabe) de Sanaa qui enseigne les sciences médicales et dures et publie différentes revues accessibles sur son site. Toujours dans la capitale et spécialisée elle aussi dans le cursus scientifique et technologique, l’Université Queen Arwa (http://www.queenarwauniversity.edu.ye/) (arabe, anglais) a par ailleurs développé des laboratoires d’études en sociologie, politologie et commerce international.

Plus célèbre car davantage médiatisée via notamment la personnalité de son créateur et directeur, le shaykh ‘Abd al-Majîd al-Zandânî (un membre de l’aile dure du parti islamiste al-Islâh, figurant sur la liste noire américaine des personnes finançant le terrorisme), l’Université al-Iman (http://www.jameataleman.org/index.html) (arabe, anglais) se présente avant tout comme une institution religieuse. On y enseigne également les sciences dures mais dans une optique religieuse, arguant du principe que toutes les découvertes modernes se trouveraient déjà inscrites dans le Coran. Très active, cette université organise des colloques internationaux et mène des recherches, notamment dans le domaine thérapeutique. Son directeur affirme ainsi avoir découvert un moyen de soigner les malades du sida. Figurent sur son site des informations sur les cursus et les programmes, ainsi que quelques ressources.

Le shaykh ‘Abd al-Majîd al-Zandânî sur al-Jazîra

A Sanaa, l’Université Saba (http://www.sabauni.net/) (arabe) forme ses étudiants aux métiers de l’information et de la communication et le General Communication Institute (http://www.gti.edu.ye/arabic/index.php) (arabe, anglais) est plus centré sur les nouvelles technologies, comme Al-Ahqaf University (http://www.ahgaff.edu/) (arabe et bientôt anglais), université du Hadhramawt. Le Sana‘a Community College (http://www.scc.edu.ye/arabic/index.htm) (arabe, anglais) offre quant à lui des cours de sciences appliquées et de management.

La recherche yéménite

Dans le domaine des sciences humaines, la recherche au Yémen est très active mais on en trouve peu trace sur le Web. Quelques adresses toutefois, à titre informatif, à commencer par celle du Yemeni Center for Studies and Research (http://www.ycsr.org/) (arabe), dirigé par le poète ‘Abdul ‘Azîz al-Maqâlih. En cours de réalisation, le site de cette institution officielle supervisant les programmes étrangers de recherche est encore très incomplet mais il devrait s’étoffer dans l’avenir et témoigner des nombreuses publications en histoire, sociologie et littérature de ce centre de recherches.

Lieu de rencontre et de travail pour les intellectuels et les universitaires, au travers ses nombreuses conférences publiques de qualité, la Al-Afif Cultural Foundation (http://www.y.net.ye/alafif/) (arabe, anglais) est aussi à l’origine de plusieurs publications de référence, dont la grande encyclopédie du Yémen. Mais là encore, le site est décevant : il se contente de dresser la liste des activités du centre sans apporter aucune plus value réelle. Signalons enfin le site de la Fondation al-Sa‘îd pour les Sciences et la Culture (http://www.al-saeed.net/) (arabe). Institution privée financée exclusivement par les entreprises al-Sa‘îd de Ta‘îzz, celle-ci organise des conférences et des colloques scientifiques, constitue une bibliothèque multilingue et forme des scientifiques en sciences humaines, économie, ingénierie, médecine, agriculture et en sciences islamiques.


Concernant la recherche en sciences dures, on se reportera aux sites des universités mentionnés plus haut. Citons par ailleurs le Journal of Natural and Applied Sciences (http://www.uajnas.gov.ye/index.htm) (anglais, arabe), revue scientifique publiée par l’Université d’Aden et regroupant des articles de sciences naturelles et appliquées dont seuls les résumés peuvent être téléchargés. Parmi les instituts de recherche privés, on mentionnera la Yemen Science & Research Foundation (http://www.ysrf.org.ye) (anglais). Fondée en 1996, elle organise des conférences scientifiques (physique et sciences de la vie et de la terre, principalement) donnant lieu à publications dans une revue annuelle dont les sommaires sont accessibles sur son site.

La recherche étrangère au Yémen

Créé en 1982, le Centre français d’Archéologie et de Sciences sociales (CEFAS) (http://www.cefas.com.ye/) (français) publie sous le titre générique de Chroniques Yéménites une revue annuelle, en langue française et arabe, consacrée à la péninsule Arabique et à la Corne de l'Afrique. Y sont regroupées des contributions scientifiques originales, des traductions et des bibliographies thématiques, relevant de toutes les disciplines des sciences humaines et sociales, de l'archéologie antique à la littérature contemporaine, en passant par l'économie, l'anthropologie ou la politique. On y trouve également une chronologie annuelle (sorte de revue de presse des faits marquants de l’actualité sociale, politique et économique) du Yémen et de l’Arabie saoudite. La version française des Chroniques Yéménites est accessible en ligne dans son intégralité (http://cy.revues.org/) (français) à compter de l’année 1994. Y figure aussi la liste des publications du Centre ainsi qu’une partie du fonds de la bibliothèque. Le site tend à s’étoffer de nouvelles publications et, sous la rubrique Chroniques du manuscrit au Yémen (http://www.cefas.com.ye/cmy/cmydet.html) (français), on trouve désormais des études consacrées à des textes et manuscrits anciens. Anne Regourd, qui assure la codirection de cette rubrique, donne par ailleurs une liste de liens sur le sujet dans son blog (http://www.anne.regourd.org/links.html) (français, anglais).


Très riche, le site de l’American Institute for Yemeni Studies (http://www.aiys.org/) (anglais) témoigne de la vie scientifique au sein du centre, tient à jour le sommaire de ses publications, donne accès à sa revue scientifique Yemen Update. Le Yemen Webdate renvoie à de nombreux liens. Par ailleurs, il met en ligne des orientations bibliographiques dont l’Index Yemenicus.


Le Deutsches Archäologisches Institut (DAI) (http://www.dainst.org/index.php) (allemand) dispose d'une antenne au Yémen depuis 1978. Ses travaux de recherche en sciences sociales, menés sur le terrain, concernent notamment la fouille archéologique de sites préhistoriques et antéislamiques (à Mâ’rib, Sirwa, à Sabîr, dans le gouvernorat de Lahij, à Sanaa et sur le mont Jabal al-‘Awd). Depuis 2005, le centre mène un projet de numérisation de manuscrits historiques en partenariat avec la France. Son site est difficile d’utilisation car il concerne tous les DAI de par le monde ; on doit donc y adopter un mode de recherche par mot-clef.


Société des savants plus que centre de recherche proprement dit, la British-Yemeni Society (http://www.al-bab.com/bys/) (anglais) donne accès à des articles datés de 1993 à aujourd’hui sur des sujets politiques, culturels, ethnologiques, environnementaux.

Créé en 2008 via un partenariat entre le Yemen Language Center et l’Université de Harvard, le Yemen College of Middle Eastern Studies (http://ww wycmes.org/default.htm) (anglais), aspire à devenir un institut de recherche. En attendant l’ajout de cette activité à sa vocation d’enseignement déjà mis en place à l’attention des étudiants étrangers, son site n’offre pas de ressources documentaires et scientifiques mais détaille le programme des cours et propose des orientations bibliographiques.

Le laboratoire Islam médiéval du CNRS (UMR 8167 - Orient et Méditerranée) (http://www.islam-medieval.cnrs.fr/shihr.htm) (français) et le site du ministère français des Affaires étrangères (http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/actions-france_830/archeologie_1058/les-carnets-archeologie_5064/afrique-arabie_5068/index.html) (français) rendent compte de façon détaillée des recherches archéologiques en cours sur le Yémen à travers des descriptifs détaillés et des orientations bibliographiques.

Dans le même genre, on trouvera sur le site de l’Oriental Institute of the University of Chicago (http://oi.uchicago.edu/research/projects/yem/#Articles) (anglais) les rapports de fouilles (1993-2002) des missions archéologiques de l’institut dans la région de Yarîm-Dhamâr.

Des chercheurs spécialistes du Yémen dans leurs domaines respectifs témoignent de leurs travaux en mettant en ligne certains de leurs articles sur des blogs. Celui de Roman Stadnicki, Recherche urbaine à Sanaa (http://roman-stadnicki.over-blog.com/) (français), apparaît comme le plus riche. Outre ses travaux personnels, l’auteur y fait état des publications scientifiques récentes sur le Yémen et renvoie à de nombreux liens. Celui de Jean Lambert, Ethnomusicologie et anthropologie au Yémen (http://jean.lambert.over-blog.com/) (français), est entièrement consacré à la musique. Il référence la bibliographie de l’auteur, donne accès à quelques articles et propose une liste discographique. Dans l’attente d’un site plus complet, Prehistoric Yemen (http://prehistoricyemen.over-blog.com/) (français) de Rémy Crassard met en ligne deux articles sur l’archéologie et la préhistoire au Yémen.

On n’oubliera pas le site de revues en ligne Revues.org (http://www.revues.org/) (français) sur lequel, outre les Chroniques Yéménites (revue du CEFAS), on trouvera d’autres articles scientifiques concernant le Yémen. Le site HAL (http://hal.archives-ouvertes.fr/) (français, anglais) a le mérite de donner accès aux articles de François Burgat (ancien directeur du CEFAS) sur l’histoire politique du Yémen au XXe siècle, de Roman Stadnicki sur la géographie urbaine et de Patrice Chevalier sur la seconde occupation ottomane et les journalistes de presse écrite. On lira avec intérêt les articles d’Éric Vallet (maître de conférences à Paris 1) sur l’histoire des XIIe - XVe siècles sur ce même site ou sur les Archives ouvertes de Paris 1 (http://hal-paris1.archives-ouvertes.fr/index.php?halsid=ibq7ak1a4bhl44q9l8pa87b2j2&action_todo=home) (français).

Enfin, en cherchant par mots clefs, on trouvera des articles sur l’archéologie et l’histoire médiévales du Yémen dans la revue Annales islamologiques (http://www.ifao.egnet.net/anisl/) (français) et le Bulletin de l’Institut français d’Archéologie Orientale (BIFAO) (http://www.ifao.egnet.net/bifao/) (français).