Guides de la recherche-sur-Web Quarante neuvième édition (28 juillet 2008)



Guide de Palestine-sur-Web

Jean-François Legrain
Chercheur CNRS/GREMMO (Maison de l’Orient et de la Méditerranée-Lyon)



Les moteurs de recherche et annuaires du web déroutent souvent l’internaute non averti. Les moteurs présentent en effet une exhaustivité telle que, faute d’une maîtrise de l’instrument, il renonce à sa quête devant des milliers, voire des dizaines de milliers, de références. Certains annuaires, à l’inverse, pèchent parfois soit par l’ignorance de bon nombre de sites dont la plupart de ceux en arabe, soit par leur classement de sites sous de surprenantes rubriques, par exemple sous “Israël” chez ceux qui veulent ignorer la “Palestine”.

Une première édition de ce guide avait paru dans Maghreb-Machrek, n° 165, juillet-septembre 1999, p. 77-109. Une deuxième édition (http://www.ladocumentationfrancaise.fr/servurl/palestine) dotées des mises à jour avait été mise en ligne en avril 2000 sur le site de la Documentation française ; elle a maintenant disparu de la DC et ne peut être lue que sur la Wayback machine. À partir de cette troisième et nouvelle édition, accessible à partir de juillet 2001 sur le site de la MOM, les corrections sont périodiquement mises en ligne.

Depuis septembre 2000 avec l’intifada Al-Aqsa, la lutte israélo-palestinienne s’est emparée du net ; l’internaute pourra visiter, côté pro-palestinien, Hakerz Palestine (http://www.khayma.com/hakerzpalestine/ qui succède aux URL http://www.geocities.com/hakerzpalestine/, http://www.h4palestine.com/, www.palhackerz.com non accessibles en 2005) (arabe) et, côté pro-israélien, Internet Haganah (http://haganah.org.il/haganah/), un site animé par Aaron Weisburd, un informaticien basé dans l’Illinois. Pour un état détaillé de la question en 2001, l’internaute lira avec intérêt le "Israeli-Palestinian Cyber Conflict" (http://www.securitymanagement.com/library/Israeli_pales0401.pdf), un iDEFENSE Intelligence Services Report (http://www.idefense.com/) ainsi que The Digital Revolt: Resistance & Agency on the Net (http://nmit.georgetown.edu/papers/wtaggert.htm), une étude de Will Tagart datée elle aussi de 2001 et mise en ligne dans le cadre d’un programme New Media & Information Technology in the Middle East (http://nmit.georgetown.edu/papers/) piloté par la Georgetown University. Dans la mouvance d’Internet Haganah, Sofir-Society for Internet Research (http://www.sofir.org) apparaît sur le Web durant l’été 2005 ; se donnant pour premier objectif “to promote understanding of the nature and threat of Islamic extremist movements, with particular emphasis on the use such movements make of the internet”, il porte un intérêt à la Palestine.

Certaines URL ici signalées sont ainsi périodiquement l’objet d’attaques, rendues indisponibles ou redirigées vers des sites pornographiques ou commerciaux. Les pages disparues pourront souvent être retrouvées soit, pour les plus récentes, dans le cache du moteur de recherche Google (http://www.google.fr) (il suffit, dans les références, de cliquer non pas sur le titre du document recherché mais sur le lien ”copie cachée”) soit sur la Wayback machine (http://www.archive.org) mise en œuvre à l’université de Berkeley (Californie) depuis octobre 2001 qui, grâce à des ”clichés” périodiques, revendique l’archivage de plusieurs milliards de pages (55 milliards en octobre 2006). Depuis l’automne 2005, il est possible d’accéder directement aux pages d’un site web archivées sur la Wayback Machine à partir des réponses à une requête apportées par Yahoo (http://search.yahoo.com/). Il suffit de cliquer sur la version en cache sur Yahoo qui possède à son tour un lien vers les versions de la Wayback machine.

Ce “Guide de Palestine-sur-Web” (un “Palestine subject guide“ selon les catégories qui s’imposent sur le web) prend pour base mes “favoris” ; loin de toute exhaustivité il voudrait aider un public intéressé par les enjeux liés à la Palestine d’aujourd’hui et pressé d’obtenir le renseignement ou le document enfoui dans cette gigantesque banque de données qu’est Internet, à la fois bibliothèque et agence de propagande. Pour faciliter d’éventuelles recherches annexes, chaque site, institution ou individu retenu est ici cité tel qu’il apparaît sur le web, d’où une inévitable incohérence dans le système de transcription de l’arabe. La majorité des pages étant en anglais, la langue ne sera mentionnée qu’en cas de présence de l’arabe, du français ou d’autre.

Les études sur Internet et la Palestine sont encore rares en dépit de la croissance exponentielle du réseau mondial dans cette région du monde. Alors que fin 1996, l’université de Bir Zeit (près de Ramallah) recensait une quinzaine de sites seulement dans les territoires occupés en 1967, leur nombre atteignait les 230 fin 1999 (voir l’étude d’Adam Hanieh, “Palestine's Websites in 1999”) (http://www.birzeit.edu/web/99internet.html). Il n’a fait que croître depuis même si aucun chiffre n’est aujourd’hui disponible tandis que plus de 40 providers offrent leurs services aux quelque 300 000 internautes palestiniens, selon une estimation faite en avril 2005 par le directeur de la division Internet de Paltel, la compagnie publique de télécommunication (Haaretz, 8 avril 2005). Précurseur, Christophe Boltanski avait rédigé un “La Palestine libre sur le Net” dans le Cahier Multimédia de Libération du 13 juin 1997 (http://www.liberation.fr). Un an plus tard, Tzuri Dar consacrait un article sur le thème “The New Webmasters of the West Bank” dans Haaretz English Edition du 16 juin 1998 (http://www.haaretzdaily.com/). Le Monde Interactif du 18 octobre 2000 publiait, quant à lui, une pleine page dotée de différents articles de Stéphane Foucart, l’un sur la situation générale, “La liberté sous condition de l'Internet palestinien”, l’autre sur la mise en ligne de camps de réfugiés, “Réfugiés dans la Toile”, et le dernier sur Nigel Parry, alors webmaster de l’université de Bir Zeit et pionnier de l’internet en Palestine, “Le ‘gourou’ écossais de Cisjordanie”. Le même Nigel Parry est d’ailleurs l’auteur de la première étude de fond sur la question. Sous le titre “The Past and Future of Information Technology in Palestine. An introduction for the Palestinian NGO Community”, sa contribution à l’International NGO Meeting/European NGO Symposium on the Question of Palestine at the United Nations (25-28 August 1997) (http://www.birzeit.edu/web/unpaper.html) est abritée dans un incontournable “Palestine on the World Wide Web” (http://www.birzeit.edu/web/) réalisé par Bir Zeit mais malheureusement laissé en jachère depuis le début 2000 (en dépit d’interventions mineures en 2001) (toutes ces pages du site de Bir Zeit ont été retirées du net ; on les retrouvera sur la wayback machine http://web.archive.org/web/20021201174335/http://www.birzeit.edu/web/). Une étude à peine plus récente, “The WWW in Palestine. An Informal and Organizing Tool”, est l’œuvre de son successeur au poste de webmaster de Bir Zeit, Adam Hanieh ; publiée dans Middle East Report, n°213, winter 1999, elle est disponible sur le site du magazine (http://www.merip.org/mer/mer213/213_hanieh.html). Une petite synthèse, “Our Story with the Internet in Palestine“ (http://www.thisweekinpalestine.com/details.php?id=961&ed=90#), de Mashhour Abudaka résume la situation en mai 2004.

Créée en 2003, la PNINA (The Palestinian National Internet Naming Authority) (http://www.pnina.ps/), qui combine représentants du public et du privé, gère le nom de domaine .ps en attribuant les URL. Opérant en Palestine depuis 1998, la PIS (Palestinian Internet Services Co.) (http://www.pis.ps/ et http://www.psdomain.ps/) est chargée par le PNINA de gérer les noms de domaine en .ps. Depuis 2003, l’Internet Society-Palestine (http://www.isoc.ps/), chapitre Palestine de l’internationale Internet Society, se donne pour vocation d’accompagner l’avancement de l’Internet en Palestine. Fondée en 1999 à Ramallah, la PITA (The Palestinian Information Technology Association) (http://www.pita-palestine.org/) rassemble les quelque 70 compagnies travaillant dans le secteur privé des technologies de l’information. PITA et ISOC, ces dernières années, ont uni leurs efforts pour contrer la politique de l’opérateur public PALTEL (Palestine Telecommunications Co) (http://www.paltel.ps/) (arabe, anglais).

Jusqu’en 1999, l’internaute dépourvu de système arabe connaissait des difficultés à visualiser des pages écrites en arabe et devait se contenter des sites qui diffusaient leur production sous un format image. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les versions les plus récentes d’Internet Explorer (PC) gèrent très facilement les caractères arabes dans le cadre d’un système non arabe. Lors de l’installation, il suffit de renoncer à l’installation par défaut au profit de l’installation personnalisée. Au moment du choix des options, il faut cocher “langue arabe” dans les options multilingues. L’installation est ensuite automatique. Rappelons que sous windows (rubriques accessoires, accessibilité), l’internaute peut disposer d’un clavier visuel multilingue en activant osk.exe. Il pourra alors profiter des richesses, rarement égalées ailleurs, de la version arabe de Google (http://www.google.com/intl/ar/). Depuis 2007 et à l’initiative de la société égyptienne Orascom, le moteur Onkosh (http://www.onkosh.com/) indexe les sites du monde arabe (ou considérés comme tels) ; il a l’avantage, pour celui qui ne maîtrise pas la dactylographie en arabe, de mener sa recherche en arabe à partir d’une transcription en caractères latins.



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