| Guide de Jordanie-sur-web | Édition du 09/18/2003 |
Guide de
Jordanie-sur-web
Jean-Christophe
Augé
Doctorant rattaché au CERI (Centre d'études et de recherches internationales)-Paris Chercheur associé à l'IFPO (Institut Français du Proche-Orient)-Amman En introduction
à cette visite de la Jordanie virtuelle, des remarques de divers ordres
s'imposent qui en limitent un peu les ambitions et doivent inciter les
utilisateurs à la prudence.
Véritablement
introduit dans le royaume en 1996, Internet y a connu un réel essor
depuis. Selon Karla J. Cunningham (“ Factors influencing
Jordan's Information Revolution: Implications for Democracy ”,
The Middle East
Journal, vol; 56, n° 2,
printemps 2002, pp. 240-256), le pays s'est engagé tous azimuts dans
les technologies de l'information espérant ainsi se soulager de
difficultés économiques qui, depuis la seconde moitié des
années 1980 et plus encore la dernière décennie, minent,
selon de nombreux observateurs, la stabilité du régime.
L’accès
à Internet a en fait été proposé au public, en
Jordanie, à la fin de mars 1996, le sommet MENA (Middle East and North
Africa, conférence consacrée à l'économie du
"nouveau Moyen-Orient" pacifié, dans la lignée du sommet de
Casablanca de 1994) ayant offert l’occasion, quelques mois plus tôt,
de raccorder les institutions publiques au réseau mondial. Davide Savelli
avait pu alors dresser un premier bilan de ces débuts du
web dans le
royaume dans ”Internet en Jordanie”,
Jordanies
(CERMOC-Amman), n° 2,
décembre 1996, pp. 84-87.
Depuis, comme le
rappelle Karla Cunningham, un certain flou entoure le taux de
pénétration de la population par cet outil : selon une
étude réalisée en 1999, 1 % seulement des habitants
avaient accès, cette année-là, au réseau, le Centre
d'études stratégiques de l'Université de Jordanie
avançant, lui, plus tard un chiffre de 6 %. Une étude de
l'Information Technology Association,
association de professionnels du secteur dont le site
(http://www.intaj.com)
est actuellement en cours de construction, l'évaluait pour 2001 à
environ 2,5 % soit 125 000 personnes pour 50 000 abonnés
En tout état
de cause, d’après les données de 1998 citées dans le
premier
Rapport sur le développement humain dans le monde arabe
(PNUD, 2002, tableau 21 p. 156, http://www.undp.org/rbas/ahdr/), Internet
semble, en proportion, moins répandu en Jordanie qu’il ne
l’est dans d’autres “ petits ” pays arabes
affichant, eux aussi, tous azimuts le choix des technologies de
l’information pour affronter la mondialisation, comme les Émirats
ou le Liban, mais plus qu’il ne l’est, par exemple, en
Égypte.
De ce point de vue
de l’Internet, on ne saurait établir de parallèle avec la
situation observée à propos de la Palestine. Tout simplement
d’abord parce que la Jordanie, en tant que telle, ne suscite pas le
même intérêt à l’échelle régionale
ou internationale et n’est pas synonyme, pour les acteurs comme pour les
observateurs, des mêmes enjeux que ne l’est la question
palestinienne. Dans une moindre mesure également parce que les Jordaniens
et leurs institutions n’ont pas à rechercher dans le réseau
le moyen de survivre, en termes de visibilité politique, un objectif que
visent les Palestiniens des territoires occupés, d’Israël et
de l’exil.
En même temps,
pour des raisons tout à fait évidentes au regard de l'histoire, de
la géographie, de la démographie enfin, la Jordanie est
présente à un titre ou à un autre — parfois en
tant que pays d'accueil... des serveurs — dans bon nombre des sites
touchant à la Palestine. Aussi, quitte à renvoyer ponctuellement
à ces derniers, la sélection ici proposée
privilégie-t-elle les sites, même à vocation plus ou moins
“ généraliste ”, contenant des pages
intéressant spécifiquement le royaume dans ses frontières
actuelles.
Car,
précisons-le bien, fidèle à l’esprit de ces
“ Guides de la recherche-sur-web ” proposés par la
Maison de l’Orient et de la Méditerranée, il s’agit
d’une sélection qui, inévitablement, reflète les
centres d’intérêt propres de son auteur en même temps
qu’elle entend s’adresser aux chercheurs en sciences sociales et aux
observateurs de la Jordanie contemporaine en général. Ont en fait
été privilégiés les sites susceptibles de renvoyer
à des données, des éclairages voire des
études ; mais un certain nombre de ceux qui sont recensés,
à l’intérieur du royaume ou en dehors, l’ont
été davantage en raison de leur origine institutionnelle et de ce
qu’ils en révèlent.
D’un point de
vue linguistique, l’anglais est omniprésent, en particulier dans
les sites officiels du royaume : en général bilingues,
ceux-ci sont souvent d’abord et parfois seulement accessibles dans cette
langue — qui ne dispose pourtant pas de statut officiel dans le pays.
Toutefois la recension ici effectuée suggère que, pour la Jordanie
aussi, l’arabisation d’Internet — parallèlement
à celle du courrier électronique — se poursuit.
Notons enfin que de
nombreux liens proposés par les pages
web
consacrées au royaume se révèlent à l’usage
périmés soit d’un point de vue technique (du fait d’un
changement d’adresse des sites ou de leur pure et simple disparition),
soit en raison de l’obsolescence de leur contenu ; or la logique
même de l'hypertexte et de la toile amènent fréquemment
l’internaute à retomber sur ces mêmes
références pour certaines en apparence "incontournables"
— à l'instar, par exemple, de la
Jordan. A Country study
(http://lcweb2.loc.gov/frd/cs/jotoc.html) mise en ligne par la
bibliothèque du Congrès de Washington, une étude
censée nous informer sur le présent mais datée en fait de
décembre 1989.
|
|