Guides de la recherche-sur-web Troisième édition (28 janvier 2006)


Guide des Arabes d’Israël-sur-Web

Laurence Louër
Politologue, CERI (Centre d’études et de recherches internationales) - Paris

Les Arabes d’Israël, pour la plupart descendants des quelque 160 000 Palestiniens restés dans les frontières de l’État juif au moment de sa création en 1948, constituent aujourd’hui une communauté forte de plus d’un million de personnes, 1 340 000 selon les estimations du Central Bureau of Statistics (http://www1.cbs.gov.il/reader) (hébreu, anglais) du gouvernement israélien en 2004 (Statistical Abstract of Israel 2005 n° 56 http://www1.cbs.gov.il/reader/shnatonenew_site.htm), soit environ 19 % de la population totale d’Israël et 10 % de son électorat. Minorité territorialement compacte, ils sont répartis à 90 % dans le Nord du pays (Galilée et Triangle). Les 10 % restant sont constitués par la population bédouine qui vit au Sud dans le désert du Néguev. A 82 % musulmans sunnites, les Arabes d’Israël comptent également 9 % de chrétiens de diverses obédiences et 9 % de Druzes.

Si la majorité des citoyens arabes d’Israël affirme aujourd’hui son identité palestinienne, ces différences confessionnelles et culturelles sont parfois à l’origine de fortes disparités quant à l’organisation communautaire et l’identité collective. Ainsi, l’affiliation druze entraîne dans la majorité des cas un refus de l’identité palestinienne, voir même de l’identité arabe. Liée à l’histoire particulière des relations entre les Druzes et le mouvement sioniste, cette attitude est aujourd’hui institutionnalisée par l’État hébreu qui leur reconnaît une organisation communautaire et une identité séparées de celle des Arabes. L’État d’Israël reconnaît ainsi 3 “ nationalités ” : juive, druze et arabe (pour les musulmans et les chrétiens).

Données et analyses

Les médias

Jusqu’aux années 1990, la presse arabe en Israël était essentiellement l’émanation des forces politiques (Parti communiste, Parti travailliste, syndicat Histadrut, etc.). Depuis cette époque, une nouvelle presse indépendante a fait son apparition, financée non plus par des organisations politiques mais par la publicité et des investisseurs indépendants.

Les deux principaux titres de cette nouvelle presse indépendante sont en ligne. L’hebdomadaire Kul Al-‘Arab (http://www.kul-alarab.com) (arabe) (quatre derniers numéros archivés) publié à Nazareth depuis 1990, est actuellement le plus lu parmi la population arabe d’Israël. Bien que n’exprimant pas une tendance politique particulière, son fondateur et actuel rédacteur en chef, le poète Samîh Al-Qâsim, est une importante figure nationaliste proche du Front démocratique pour la paix et l’égalité. Le bihebdomadaire Al-Sinnâra (http://www.assennara.net) (arabe) (numéro en cours) paraît également à Nazareth. Il a été créé en 1990 peu après Kul Al-‘Arab par Lutfî Machhûr, journaliste sans affiliation politique connue bien que se situant dans le consensus nationaliste qui s’est dessiné au sein de la communauté arabe d’Israël au milieu des années 1980. Dans le champ de la presse indépendante, l’hebdomadaire Panorama (http://www.panet.co.il) (arabe) (numéro en cours) est moins intéressant que les deux précédents. Créé à la fin des années 1980 dans la ville de Tayba dans la région dite du Petit Triangle qui borde la Cisjordanie, c’est un journal dont le traitement de l’information est souvent superficiel, qui ne contient pas d’éditorial et ne propose qu’exceptionnellement des articles d’analyse et d’opinion. Le bimensuel Akhbâr Al-Naqâb (http://www.akhbarna.com) (arabe) (archivé depuis avril 2000) est publié à Beersheba par Muhammad Yûnis et diffuse essentiellement des informations locales concernant la population bédouine du Néguev.

Mentionnons également le site Arabes de 48 (Arabs48) (http://www.arabs48.com) (arabe), créé en mai 2002 à Shefa Amr par une équipe dirigée par l’avocat Walîd Khamîs. Très riche en informations, il fait office d’agence de presse arabe en Israël et rend compte heure par heure des dernières nouvelles, qu’elles concernent spécifiquement les Arabes en Israël ou bien Israël en général et la situation à l’étranger. On y trouve de nombreux articles d’analyses ainsi que les résultats détaillés des élections législatives de janvier 2003 pour les trois listes arabes représentées à la Knesset. Signalons que quelques uns des principaux responsables sont proches du Rassemblement patriotique démocratique de ’Azmî Bichâra. Le site a d’ailleurs fait la promotion de ce parti durant toute la durée de la campagne électorale 2003.

Toujours très présente, la presse de partis compte quelques titres en ligne, en l’absence du grand quotidien proche de la mouvance communiste Al-Ittihâd. L’hebdomadaire Fasl Al-Maqâl (http://www.fasl-almaqal.com qui succède à http://fasl-almaqal.kvalito.no/) (arabe) (archivé depuis avril 2000), publié à Nazareth depuis 1996, est l’organe du Rassemblement patriotique démocratique (Al-Tajammu’ Al-Watanî Al-Dimuqrâtî) présidé par ’Azmî Bichâra. Dirigé conjointement par Marwân Bichâra (le frère de ’Azmî) et Nabîl Al-Sâlih, il dépasse le statut de simple porte-parole du parti pour proposer de nombreuses analyses politiques et intellectuelles de la situation des Arabes d’Israël, du conflit israélo-arabe et d’autres sujets d’actualité. L’hebdomadaire Sawt Al-Haqq wa Al-Huriyya (http://www.sawt-alhaq.com/ar/ qui succède à http://www.sautelhaqe-walhoria.com/) (arabe) (numéros archivés depuis décembre 2003), publié à Umm Al-Fahm depuis 1989, a longtemps été l’organe du Mouvement islamique. Depuis la scission du mouvement intervenue en 1996 suite à la décision d’une partie de ses cadres de participer aux élections parlementaires, le journal est l’émanation de la branche “radicale“ qui persiste dans le boycott de l’élection de la Knesset. En janvier 2003, le journal a été temporairement interdit de parution par le ministère de l’Intérieur et a reparu quelques semaines plus tard. Son site Internet ne fonctionne pas toujours correctement et change souvent d’adresse.. La branche radicale du Mouvement islamique possède également un site Internet d’information, Palestiniens de 48 (www.pls48.net) (arabe) (archives depuis mars 2003), en fonctionnement depuis 2003. Le site est riche en informations sur les Arabes d’Israël en général, et sur les activités du Mouvement islamique en particulier. L’hebdomadaire Al-Mithâq, publié à Nazareth depuis 1996, est lui l’organe de la branche “modérée“ du même Mouvement islamique. Nettement moins riche en informations et en analyses que son rival, le journal présente essentiellement un compte-rendu des activités du mouvement. Il avait un site Internet (http://www.almeathak.com) (arabe) qui ne fonctionne plus aujourd’hui. Le bimensuel Al-Sabbâr (http://www.hanitzotz.com/alsabar) (arabe) (archivé depuis janvier 1999) est publié à Jaffa par l’Organisation pour l’action démocratique (Organization for Democratic Action et Da’am en arabe), un parti d’obédience marxiste créé en 1995 en réaction à l’abandon de l’orthodoxie par le Parti communiste israélien après l’effondrement de l’Union soviétique. Voué à l’organisation de la classe ouvrière en Israël, le parti est surtout actif dans la population arabe, ainsi que l’ont été tous les partis marxistes en Israël.

Pour compléter ce tableau de la presse arabe d’Israël, citons le mensuel en anglais News from Within (http://www.alternativenews.org/nfw) (archivé depuis janvier 1999) publié par l’Alternative Information Center, une association israélienne longtemps dirigée par Michel Warschawski dont le but est la production d’informations alternatives sur tous les sujets touchant aux relations israélo-palestiniennes. News from Within propose régulièrement d’excellentes informations et analyses sur les Arabes d’Israël.

Plusieurs radios émettent en langue arabe en Israël. Certaines émanent du gouvernement (La voix d’Israël), d’autres de la société civile (Radio 2000). Aucune néanmoins n’est pour le moment en ligne. Le principe vaut également pour les médias télévisés : les programmes en arabe de la chaîne publique et les télévisions privées émettant localement dans un village ou un groupe de villages sont encore absents du net.

Pour des sources sur le net, deux portails arabes israéliens fonctionnent aujourd’hui, http://www.bayan.co.il et http://www.yahala.co.il . Cependant, moins que des portails permettant d’accéder à des sites arabes israéliens, ils fournissent aux Arabes d’Israël des liens avec des pages du monde arabe.

Les centres de recherche

En Israël, plusieurs institutions consacrent une partie de leurs activités à la recherche sur les citoyens arabes d’Israël. L’institut Givat Haviva (http://www.givathaviva.org.il) est l’un des centres de recherche les plus actifs dans ce domaine. Situé dans un kibboutz du Triangle lié à la Fédération Artzi qui regroupe les kibboutz créés par le mouvement de jeunesse sioniste “Le jeune gardien (ha-shomer ha-tza’ir) “, l’institut Givat Haviva est un centre de recherche et de documentation mais également un groupe de pression agissant pour promouvoir la démocratie et la paix. Conjointement à son activité de recherche qui se distingue en particulier par la réalisation régulière de sondages d’opinion auprès de la population arabe d’Israël, le centre organise diverses activités de sensibilisation de la jeunesse à la solidarité et la tolérance. Son site offre des informations sur les diverses activités du centre ainsi qu’un accès au catalogue de sa bibliothèque où l’on trouve de nombreuses études en hébreu, arabe et anglais sur les Arabes d’Israël. Des résumés de quelques-uns uns de ses derniers travaux sont disponibles en ligne, en particulier Al-Aqsa Intifada among the Palestinian Citizens in Israel : Causes and Results (http://dialogate.org.il/peace/publications.asp#academic) et A Survey of Political and National Attitudes of the Arabs in Israel October-November 2002 (http://www.givathaviva.org.il/english/peace/research4.htm).

The Arab-Jewish Center (http://www.research.haifa.ac.il/~jew-arab/) de l’université de Haïfa, créé en 1969 pour aider à l’intégration des étudiants arabes à l’université, produit des recherches (publications et colloques) dont on trouve un compte-rendu dans le site.

Autre centre de recherche de l’université de Haïfa, The Center for Multiculturalism and Educational Research (http://mculture.haifa.ac.il) a été créé en 1993 par Mâjid Al-Hâjj, professeur d’anthropologie, en vue de promouvoir une vision multiculturelle de la société israélienne basée sur une meilleure intégration des citoyens arabes. Son site propose un compte-rendu de ses activités, principalement centrées sur la promotion de la culture arabe en Israël.

Le Moshe Dayan Center (http://www.dayan.org) est le centre de recherche sur le Moyen-Orient de l’université de Tel-Aviv. Il dispose d’une section consacrée à la recherche sur les Arabes d’Israël dirigée par Elie Rekhess. Le site propose un compte-rendu des activités de recherche ainsi qu’un accès au catalogue de la bibliothèque, très riche en travaux divers sur les Arabes d’Israël.

Le Jaffee Center for Strategic Studies (http://www.tau.ac.il/jcss) est un centre de recherche de l’université de Tel-Aviv consacré aux études stratégiques et de sécurité. Il produit régulièrement des rapports sur les Arabes d’Israël dont certains sont disponibles en ligne comme par exemple : The Islamic Movement in Israel (http://www.tau.ac.il/jcss/sa/v2n4p5.html) par Nachman Tal, Strategic Assesment, vol. 2, n° 4, février 2000 ; The Arabs in Israel and the Election for Prime Minister (http://tau;ac;il/jcss/tanotes/TAUnotes11.doc) par Elie Rekhess, Tel Aviv Notes, 7 février 2001 ; Arab-Israeli and the Events of October 2000. Trends and Attitudes toward the State of Israel (http://www.tau.ac.il/jcss/sa/volume4_2.html) par Uri Horowitz, Strategic Assesment, vol. 4, n° 2, avril 2001.

L’université Ben Gourion, située à Beersheba dans le désert du Néguev, dispose d’un Center for Bedouin Studies and Development (http://bgu.ac.il/bedouin) dont les activités sont présentées sur le site de l’université.

Mada al-Carmel-The Arab Center for Applied Social Research (http://www.mada-research.org) (anglais et arabe) est un centre de recherche basé à Haïfa et créé en 2000 par Nadim Rouhana, professeur de sociologie à l’université de Tel Aviv et auteur d’un livre de référence sur les Arabes d’Israël (Palestinian Citizens in an Ethnic Jewish State. Identities in Conflict, New Haven, Yale University Press, 1997). Le centre consacre toute son activité à la production de recherches sur les citoyens arabes d’Israël en anglais, arabe et hébreu. Le site Internet permet de se tenir informé des publications très intéressantes du centre, mais n’en propose malheureusement aucune en ligne.

Les institutions officielles

Les sites gouvernementaux

De façon générale les sites gouvernementaux sont dépourvus d’informations spécifiques sur les Arabes d’Israël. L’internaute pourra néanmoins compléter sa recherche sur les forces politiques arabes en Israël par la consultation du site de la Knesset (http://knesset.gov.il/index.html) où il trouvera des renseignements biographiques sur les dix députés arabes élus en 2003 au Parlement israélien (par ordre alphabétique : Mohammad Barakeh, Azmi Bishara, Abdulmalik Dehamshe, Ayoub Kara, Issam Makhoul, Taleb Al-Sana, Wasil Taha, Ahmad Tibi, Majalli Whbee, Jamal Zahalka).

Les municipalités arabes

En Israël, les villes et les villages arabes sont administrés par des conseils élus aux statuts divers selon leur importance démographique. Comme toutes les institutions locales en Israël, ils dépendent du ministère de l’Intérieur (http://www.moin.gov.il) (hébreu) qui décide de leur statut, fixe le nombre de leurs membres - et, jusqu’à une date récente, les nommait parfois -, décide de leur budget et doit approuver les législations locales qu’ils mettent éventuellement en place.

Certaines municipalités arabes disposent de sites Internet offrant des informations sur leurs activités, sur l’actualité locale et éventuellement sur leur intérêt touristique, mais en l’absence de cités importantes comme Umm al-Fahm, Shefa ’Amr ou Sakhnine. A noter que, à l’exception notable de celui de Nazareth, les sites mentionnés ci-dessous semblent ne plus fonctionner. Nous avons néanmoins maintenu leurs références au cas où leur indisponibilité ne serait que temporaire. Nazareth (http://www.nazareth.muni.il), la seule ville arabe en Israël bastion de la Jabha depuis 1975, possède un site qui donne des informations statistiques sur la ville et retrace les étapes de sa transformation en vue des festivités de l’An 2000 et de la visite du Pape. Abu Ghosh (http://www.abu-ghosh.muni.il) (arabe et hébreu) est, avec Bayt Safâfa qui est aujourd’hui devenu un quartier arabe de Jérusalem, le seul village palestinien de la région de Jérusalem incluse dans le territoire d’Israël en 1948 qui a échappé à la destruction, principalement en raison de son patrimoine religieux chrétien. Jesh (http://www.jish.muni.il) (anglais, arabe et hébreu), village mixte chrétien et musulman situé tout au nord près de la frontière libanaise, dispose également d’un site. Kufr Qâsim (http://www.kufur-kassem.com) (anglais, arabe et hébreu) est un bastion de la branche “modérée“ du Mouvement islamique qui en contrôle la municipalité ; c’est aussi le lieu de résidence de plusieurs de ses cadres, en particulier Abdallah Nimr Darwish qui a fondé le mouvement en 1983 et Ibrahîm Sarsûr qui préside la branche “modérée“ depuis 1998. Le site propose une histoire du village, en particulier du massacre de 49 de ses habitants par l’armée israélienne en 1956 (articles de presse et photos) ainsi que la liste des maires successifs. Tamra (http://www.tamra.muni.il) (anglais, arabe et hébreu) est un gros village de Galilée tenu par la branche “modérée“ du Mouvement islamique. Des informations sur ’Arrâba, un village de Galilée, peuvent être trouvées sur le site de l’association Le martyr Asel Asleh (al-Chahîd Asîl ‘Asila) (http://www.slider17.com/main.html) (anglais), fondée en 2000 et animée par la famille d’un jeune homme tué par la police israélienne lors des événements d’octobre de la même année.

Quelques villages druzes possèdent également des sites Internet : Sâjûr (http://www.sajur.muni.il), (arabe et hébreu), Baqi’a (http://www.peqiin.muni.il) (arabe et hébreu) et Dâlyat Al-Karmel, situé près de Haïfa (http://www.dalia-hkl.co.il) (anglais, arabe et hébreu).

Plusieurs sites sont consacrés à Jaffa, l’une des grandes villes palestiniennes de la côte avant 1948 aujourd’hui devenu un quartier de Tel-Aviv en majorité peuplé d’Arabes. N’étant plus une ville à part entière, elle ne dispose pas d’institutions locales officielles. Les sites ici répertoriés émanent donc d’associations ou d’individus. Jaffa (http://www.jaffa.8m.net) (anglais, arabe et allemand) est le plus riche. Bien qu’il contienne des informations sur la situation actuelle des citoyens arabes d’Israël qui résident à Jaffa, il n’est pas animé par l’un d’entre eux mais par Norman Ali Khalaf, un Palestinien citoyen allemand professeur de sciences à la King Fahad Academy à Bonn et dont la famille est originaire de Jaffa. Sur un ton apologétique, le site fournit des informations sur l’histoire de la ville et sa situation actuelle (intérêt touristique avec photos à l’appui mais aussi situation sociale des résidents arabes). Il offre également des liens avec d’autres sites consacrés à Jaffa. Jaffa Online (http://www.jaffacity.org) (anglais), une association créée en 1997 par Haytham Sawalhy et André Mazawi (professeur d’histoire à l’université de Tel-Aviv), deux habitants de Jaffa, offre des informations sur l’histoire de la ville et un musée virtuel, ainsi que cinq numéros de sa News Letter où l’on trouve des renseignements sur la vie locale.

Les forces politiques

Jusqu’au milieu des années 1980, la majorité des électeurs arabes votait pour les partis juifs, en particulier pour tous ceux qui entraient traditionnellement au gouvernement et pouvaient donc distribuer quelques ressources publiques aux notables locaux qui les soutenaient. Bien que la tendance se soit massivement inversée depuis cette date et que 76 % des voix arabes se soient reportées sur les partis arabes aux élections législatives de 2003, les partis juifs continuent d’attirer une partie de cet électorat. C’est le cas du Parti travailliste (http://www.aavoda.co.il) (hébreu) et du Meretz (http://www.meretz.org.il ou http://elections.meretz.org.il/) (hébreu, arabe, anglais, russe). Situé à gauche du Parti travailliste, ce dernier a fait élire la première femme arabe à la Knesset (Husniyya Jbâra) aux élections parlementaires de 1999. Depuis le scrutin de janvier 2003 cependant, où les partis de gauche ont subi une cuisante défaite, ces deux formations ne disposent plus de députés arabes. Le Likud (http://www.likud.org.il) (hébreu), enfin, compte régulièrement un député druze dans son groupe parlementaire et sa victoire écrasante aux dernières élections a permis l’élection inédite de deux druzes de sa liste (Majallî Wahba et Ayyûb Qara‘).

Le Front démocratique pour la paix et l’égalité (Jabha)

Le Front démocratique pour la paix et l’égalité (Al-Jabha Al-Dimuqrâtiyya lil-Musâwa wal-Salâm) est né en 1977 de l’association entre le Parti communiste israélien, seul parti nationaliste arabe représenté à la Knesset jusqu’en 1984, et divers mouvements étudiants et associatifs nationalistes. En 2003, la Jabha (le front en arabe) a présenté une liste commune avec le Mouvement arabe pour le changement (Al-Haraka Al-‘Arabiyya lil-Taghayyur) (http://www.a-m-c.org), ce qui lui a permis de rester la première formation arabe avec 28,8 % du vote arabe et trois députés à la Knesset. Son site Internet (http://www.aljabha.org) (arabe) présente le programme du parti, divers articles et analyses, ainsi que le résultat détaillé du score des trois listes arabes représentées à la Knesset suite aux élections 2003. Le Front démocratique pour la paix et l’égalité, qui est un parti judéo arabe même s’il compte peu de militants et de cadres juifs, dispose également d’un site en hébreu, Hadash (http://www.hadash.org.il). On pourra également consulter le site du Parti communiste israélien (Maki) (http://www.maki.org.il) (anglais et hébreu), où sont présentées les activités de ce parti qui reste le pilier du Front démocratique pour la paix et l’égalité.

Le Rassemblement patriotique démocratique (Tajammu’)

Le Rassemblement patriotique démocratique (Al-Tajammu’ Al-Watanî Al-Dimuqrâtî) est né en 1996 de la fusion entre plusieurs groupes nationalistes extraparlementaires qui s’identifiaient aux factions radicales de l’OLP. Ils souhaitaient à la fois formuler une position commune après la signature des accords d’Oslo en 1993 et gagner une représentation à la Knesset. Sous la houlette de son président ’Azmi Bichâra, le Tajammu’ a formulé le mot d’ordre depuis martelé par tous les partis arabes en Israël : transformer l’État des Juifs en “ un État de tous ses citoyens ” où les citoyens arabes seraient pleinement égaux avec les Juifs. Suite aux élections parlementaires de janvier 2003, le parti a vu son audience considérablement augmenter. Alors qu’il n’avait recueilli que 16,7 % des voix lors des élections de 1999 et ne disposait que d’un seul élu après sa brouille avec son colistier le Mouvement arabe pour le changement, il a attiré à lui 21,4 % des suffrages arabes et est parvenu à envoyer trois députés à la Knesset. Le Tajammu’ dispose d’un site Internet qui fonctionne épisodiquement (www.balad.org) (anglais, arabe, hébreu) où l’on trouve diverses informations sur ses activités et son programme. Depuis décembre 2001, The International Committee for the Defense of Azmi Bishara (http://www.azmibishara.info) a été créé pour mobiliser les soutiens en faveur de ‘Azmi Bichâra en vue des deux procès qui se sont ouverts en décembre 2001 et en février 2002, et dans lesquels le député est jugé pour activités et propos anti-israéliens (visites en Syrie, appel à la résistance à l’occupation israélienne en Cisjordanie et à Gaza et légitimation de l’action du Hezbollah au Sud Liban). Sa section française, le Comité International pour la défense d'Azmi Bishara (http://www.comitebishara.org), possède également un site riche d’une revue de presse mais aussi d’interviews et d’analyses.

Le Mouvement arabe pour le changement (Al-Haraka Al-‘Arabiyya li-l-Taghayyur)

Le Mouvement arabe pour le changement (Al-Haraka Al-‘Arabiyya li-l-Taghayyur) (http://www.a-m-c.org) (anglais, arabe, hébreu) a été créé en 1996 peu avant les élections législatives par Ahmed al-Tîbî. Ce dernier a débuté sa carrière publique à la fin des années 80 grâce au parrainage d’Ezer Weizman (colombe travailliste ayant assumé la présidence de l’État israélien entre 1993 et 2000) qui avait l’habitude de lui confier des missions de contact avec la résistance palestinienne durant l’Intifada. Après la signature des accords d’Oslo, il est devenu conseiller de Yasser Arafat, poste qu’il a quitté en 1999 après avoir été élu à la Knesset sur une liste commune avec le Tajammu’. Le Mouvement arabe pour le changement est surtout un parti de notables recrutant principalement dans la région du Petit triangle d’où est originaire Ahmed al-Tîbî lui-même. Son audience est réduite et le parti n’a réussi à obtenir une représentation parlementaire qu’en s’alliant avec d’autres forces politiques, le Tajammu’ en 1999 et la Jabha en 2003.

Les Enfants du pays (Abnâ’ Al-Balad)

Les Enfants du Pays (Abnâ' Al-Balad) (http://www.abnaa-elbalad.org) (arabe et anglais) figurent parmi les partis politiques arabes les plus anciens en Israël. Créé en 1969, il s’identifiait alors aux factions “ radicales “ de l’OLP (FPLP et FDLP) et revendiquait la lutte armée pour libérer la Palestine. Il a été le premier à formuler l’idée que les Arabes d’Israël font partie intégrante du peuple palestinien. S’il a présenté des listes à plusieurs élections municipales, il a toujours refusé par principe de participer aux élections parlementaires, ce qui équivaudrait selon lui à une reconnaissance de l’entité sioniste. Aujourd’hui très affaibli par les défections successives de ses cadres qui ont soit intégré les autres partis arabes soit fondé des ONG, mais aussi par le succès des partis qui jouent la carte de l’intégration au système politique israélien, Abnâ’ Al-Balad ne revendique plus officiellement l’anéantissement d’Israël par la lutte armée. Bien qu’en perte de vitesse, le mouvement est toujours influent, en particulier dans le milieu estudiantin.

Les islamistes

Si les deux organes islamistes de presse cités plus haut sont en ligne, Sawt Al-Haqq wa Al-Huriyya (http://www.sawt-alhaq.com qui succède à http://www.sautelhaqe-walhoria.com/) pour les “radicaux“ et Al-Mithâq (http://www.almeathak.com) pour les “modérés“, les deux branches du Mouvement islamique (Al-Haraka Al-Islâmiyya) n’ont pas de site Internet officiel qui rende compte de leurs programmes et de leurs activités. Toutes deux cependant possèdent (ou possédaient) des sites qui leur sont (ou étaient) liés émanant d’associations vouées aux mêmes objectifs et portant des noms presque similaires. Depuis mai 2003, en effet, les activités de la branche ‘’radicale‘’ ont subi le contrecoup de l’arrestation de Râ’id Salâh, le maire d’Umm Al-Fahm qui préside la branche “radicale“, et seuls les sites de la branche ‘’modérée’’ sont aujourd’hui accessibles. L’Association Al-Aqsa pour la réhabilitation des waqfs musulmans (Jama’iyyat Al-Aqsâ li-Ri’âyat Al-Awqâf Al-Islâmiyya) (http://www.aqsa-mubarak.org) (arabe), créée en 1989 et affiliée à la branche “modérée“, s’occupe du recensement et de la restauration des lieux saints musulmans sur le territoire israélien, ainsi que de la défense de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, thème phare de la mobilisation islamiste en Israël. Jusqu’en 2001, “radicaux“ et “modérés“ continuaient de travailler ensemble au sein de l’Association Al-Aqsa malgré leurs dissensions. A cette date, Râ’id Salâh a décidé de fonder sa propre organisation de défense et de restauration des lieux saints, baptisée Fondation Al-Aqsa pour l’entretien des Lieux-saints musulmans (Mu’assasat Al-Aqsâ li-I’mâr Al-Muqaddasât Al-Islâmiyya) (http://www.islamic-aqsa.com) (arabe), qui ne fonctionne plus. Le Comité d’aide humanitaire (Lajnat Al-Ighâtha Al-Insâniyya) (http://www.igatha.com) (arabe), créé en 1989, était l’association de la branche “radicale“ chargée de l’action caritative, principalement en direction des habitants de Cisjordanie et de la bande de Gaza mais aussi au Kosovo ou en Bosnie ; elle a été fermée en 2003 par les autorités israéliennes, qui la soupçonnent de faire transiter des fonds vers le Hamas palestinien ; en 2005, l’affaire est en cours de jugement. L’Association pour l’aide aux orphelins et aux nécessiteux (Jamciyyat li Ighâthat Al-Aytâm wal-Muhtâjin) (http://www.igatha.com) (arabe) est son homologue “modérée“ créée en 1996 suite à la scission.

Les organisations non gouvernementales

Les associations arabes

Depuis la fin des années 1980, un véritable boom associatif a lieu dans la communauté arabe d’Israël. Ces associations, le plus souvent financées par des fonds issus de la diaspora juive de gauche basée en Amérique du Nord et en Europe ou bien par des grandes associations caritatives occidentales du type ICCO (Dutch Interchurch Organization for Development and Cooperation) (http://www.icco.nl/english/information/) ou Ford Foundation (http://www.fordfound.org), militent pour l’amélioration des conditions de vie des Arabes d’Israël. Outre les généralistes, on trouve de nombreuses associations centrées sur un aspect précis de la situation des citoyens arabes : éducation, économie, aide juridique, villages non reconnus, enfance, violence contre les femmes, etc. Les principales disposent de sites Internet, la plupart du temps consultables dans les trois langues anglais, arabe et hébreu.

Citons en premier lieu Al-Ittijah (http://www.ittijah.org) dont le site peut servir de portail pour des liens avec l’ensemble du milieu associatif arabe. Cette association a en effet vocation à fédérer les associations arabes en Israël afin de créer une action concertée susceptible d’exercer un véritable lobbying arabe auprès des institutions gouvernementales. Quarante-quatre associations y bénéficient pour le moment de pages.

Créé en 1988, Al-Mu’assasa Al-’Arabiyya li Huqûq Al-Insân - The Arab Association for Human Rights (http://www.arabhra.org) (anglais et arabe) dispose de loin du site le plus riche pour le chercheur intéressé à la situation des Arabes d’Israël. Outre un compte-rendu des activités de l’association, on y trouve en effet une revue de presse hebdomadaire en anglais basée sur l’analyse des sept titres les plus importants de la presse arabe en Israël (Kul Al-’Arab, Al-Sinnâra, Pânôrâmâ, Al-Ittihâd, Fasl Al-Maqâl, Al-’Ayn et Sawt Al-Haqq wa Al-Huriyya). On y trouve également un profilage de tous les journaux en langue arabe publiés en Israël (soit une dizaine). Des cartes situant les principaux villages arabes d’Israël sont disponibles, de même que de nombreuses statistiques – pour la plupart issues du Bureau Central des Statistiques israéliens – comparant la situation des citoyens juifs et arabes en Israël (éducation, logement, santé, revenu, etc.).

Autre grande association dont l’importance ne cesse de croître depuis quelques années, ’Adâla (http://www.adalah.org), créée en 1996 possède une équipe d’avocats et s’est spécialisée dans l’aide juridique aux Arabes d’Israël. Elle a été récemment à l’origine de plusieurs procès qui ont provoqué des remous en Israël. Après avoir assuré la défense d’une famille arabe qui s’était vu refuser l’achat d’un terrain dans un kibboutz du Triangle et assigné le ministère des Religions devant la Cour suprême au motif qu’il ne respectait pas l’égalité religieuse dans la répartition de ses budgets, elle a aujourd’hui en charge la défense du député ’Azmî Bichâra déchu de son immunité parlementaire et jugé depuis février 2002 pour activités anti-israéliennes. Outre un compte-rendu de ses missions, le site Internet donne de nombreuses informations sur les événements d’octobre 2000 durant lesquels la répression policière des manifestations populaires de soutien au peuple palestinien a fait douze morts parmi les citoyens arabes d’Israël. Le site est plus généralement une mine d’informations sur les citoyens arabes d’Israël.

L’association Mossawa (Egalité) (http://www.mossawacenter.org) a été créée en 1997 à Haïfa. Outre diverses actions de promotion des droits collectifs des Arabes d’Israël, elle fait un travail d’analyse de données sur la situation socio-économique des Arabes d’Israël et s’est illustrée dans le suivi des événements d’octobre 2000. Les rapports qu’elle produit régulièrement sur la situation sociale, économique et politique des citoyens arabes sont en ligne, en particulier Report on the Social, Economic and Political Status of the Arab Citizens of Israel (2001) (http://www.mossawacenter.org/en/reports/2004/01/040115.pdf). Le site met également en ligne divers rapports et études produits par d’autres institutions, comme par exemple le rapport du Central Bureau of Statistics The Arab Population in Israel (2002) (http://www.mossawacenter.org/en/reports/2004/03/040324.pdf).

Créée en 1999, Ahali Center for Community Development (http://www.ahalicenter.org) est dirigée par Jamâl Zahâlqa, un membre du Rassemblement patriotique démocratique (Tajammu’). L’association organise diverses actions en vue de constituer les citoyens arabes en acteurs politiques et d’accroître leur influence sur la prise de décision en Israël. Aux élections législatives de 1999, elle avait par exemple lancé une grande campagne d’incitation au vote afin d’élever le taux de participation des Arabes. Son site Internet offre un compte-rendu de ses activités ainsi qu’une page consacrée aux événements d’octobre 2000 et au soutien aux familles des victimes.

The Gallilee Society (Jam’iyyat Al-Jalîl) (http://www.gal-soc.org) milite plus spécifiquement dans le domaine de l’accès égal aux soins médicaux. Créé en 1981 par des professionnels de la santé, elle est devenue l’une des plus grandes ONG arabes en Israël, fournissant analyses et données sur les problèmes de santé et d’environnement dans la communauté arabe et finançant des projets de développement.

The Arab Center for Alternative Planning (http://www.ac-ap.org) (anglais, arabe, hébreu) a été créé en 2000 dans le but de promouvoir des politiques alternatives de planification urbaine et de développement dans les zones arabes d’Israël. L’association a été reconnue par le ministère de l’Intérieur, auprès duquel elle s’efforce de faire du lobbying. Son site Internet propose un compte-rendu de ses activités ainsi qu’une lettre d’information (depuis mai 2004).

I‘lâm – Media Center for Arab Palestinians in Israel (http://www.ilamcenter.org) (anglais) a été créé en 2000 pour améliorer l’image des citoyens arabes d’Israël dans la presse hébraïque. Elle s’est fait connaître lors des événements d’octobre 2000 en diffusant des images des émeutes vues du côté des manifestants arabes, ce qu’aucun média en hébreu n’avait été en mesure de faire. Depuis, elle organise des campagnes d’information visant à mettre en évidence les biais de la presse hébraïque dans son traitement de l’information à propos des Arabes en Israël et du conflit israélo-palestinien en général. Son site Internet propose un compte rendu de ses activités.

Dans le domaine du développement économique, The Arab Business Club in Israel (Nâdî Rijâl Al-A’mâl Al-’Arab fî Isrâ’îl) (http://www.abc.org.il) (anglais, arabe et hébreu) regroupe les principaux hommes d’affaires arabes d’Israël en vue de promouvoir l’initiative entrepreneuriale dans la communauté arabe. Le site offre un compte-rendu des activités de l’association.

Plusieurs associations se sont spécialisées dans la question des réfugiés dits ”internes”, i.e. les réfugiés de 1948 déplacés à l’intérieur des frontières de l’État d’Israël, et des villages non reconnus par les autorités israéliennes. La plus importante de ces associations, The Association of Forty (Lajnat Al-Arba’în) (http://www.assoc40.org) (anglais, arabe et hébreu) est vouée exclusivement à la défense des habitants de ces villages qui ne figurent sur aucune carte et ne disposent d’aucune infrastructure. Son site propose une liste des villages accompagnée d’un descriptif de chacun d’entre eux. The Association for the Relief and Welfare of Kammana (http://www.angelfire.com/ms/kammana) (anglais, arabe et hébreu) est une association des habitants du village non reconnu de Kammâna en Galilée. Pour des informations sur le cas des réfugiés internes, on peut également consulter les sites des associations des habitants des villages de Iqrîth (http://iqrit.org) et Bir’am (http://birem.org). Situés non loin de la frontière libanaise, ces deux villages chrétiens ont été vidés de leurs habitants et détruits en 1951. Les habitants, qui résident pour la plupart en Israël, sont depuis lors en procès avec l’État et attendent de pouvoir regagner les lieux. Les sites informent sur le déroulement des procès et les activités des associations.

La Fondation Tawfîq Zayyâd pour la culture nationale et la création (Mu’assat Tawfîq Zayyâd lil-Thaqâfa Al-Wataniyya wa Al-Ibdâ‘) (http://www.zayyad.com) (arabe) est une association locale créée à Nazareth en 1996 pour promouvoir la restauration de la ville et la préservation de son patrimoine culturel. Elle vise plus généralement à la promotion de la culture et de l’art parmi les Arabes en Israël. Elle porte le nom de Tawfîq Zayyâd, maire de Nazareth jusqu’à sa mort en 1993 et dirigeant historique de la Jabha, un mouvement politique dont elle est très proche.

Baladna-Association for Arab Youth (http://www.baladnayouth.org) (anglais, arabe) est une organisation de jeunesse non partisane. Son objectif principal est la création d’un large mouvement de jeunesse parmi la population arabe d’Israël. Son site Internet est assez rudimentaire, proposant principalement des photos de ses activités ainsi qu’un forum en ligne, pour l’instant peu développé.

Mentionnons enfin l’association Mithâq al-Ma’rûfiyîn al-Ahrâr (le Pacte des Druzes libres) (http://www.druzemethaq.org/) (arabe). Il s’agit d’une association druze créée en 2001 qui milite pour la défense de l’arabité des Druzes et leur rapprochement avec les autres citoyens arabes d’Israël. L’association est indépendante mais plusieurs de ses membres fondateurs sont proches du parti de ‘Azmi Bichâra, le Rassemblement patriotique démocratique. Elle fait campagne pour la fin du service militaire obligatoire pour les Druzes d’Israël (les autres arabes en sont dispensés). Elle souhaite également établir le contact avec les Druzes du Liban et de Syrie. Plusieurs de ses membres se sont rendus à la conférence de ‘Ammân en septembre 2001, où Walid Joumblatt, leader des Druzes libanais et chef du Parti Socialiste Progressiste, a appelé ses coreligionnaires israéliens à refuser de servir dans Tsahal. Le site Internet présente un compte rendu des activités de l’association ainsi que quelques articles d’analyse sur la situation des Druzes en Israël.

Les associations judéo arabes de promotion de l’égalité

Militant pour l’égalité entre tous les citoyens israéliens, un certain nombre d’associations a été créé sur l’initiative de Juifs situés à gauche du spectre politique tout en comptant des militants arabes parmi leurs rangs. La principale d’entre elles est Sikkuy (http://www.sikkuy.org.il). Fondée en 1991, elle réalise chaque année un Rapport sur l’égalité et l’intégration des citoyens arabes d’Israël dont les deux dernières moutures sont disponibles en ligne. Son site Internet propose également le rapport d’une conférence tenue en 2004 sur la commission Or et ses suites. La commission Or est une commission d’enquête mise en place par le gouvernement israélien suite aux événements d’octobre 2000.

L’association Adva (http://www.adva.org), quant à elle, s’occupe de produire de l’information sur l’état de l’égalité et de la justice sociale en Israël. Elle publie régulièrement en anglais un bulletin d’information à ce sujet, The Israel Equality Monitor.

The Association for Civil Rights in Israel (http://www.acri.org.il) (anglais, arabe, hébreu) a été créée en 2000 et est également une association de promotion des droits civiques en Israël : minorités diverses (Arabes, homosexuels), liberté de la presse, liberté de la justice. Son site Internet propose divers communiqués de presse sur ces sujets ainsi que des comptes rendus de ses activités.

Hanitzotz A-Sharara Publishing House (http://www.hanitzotz.com), fondée en 1985 comme maison d’édition publiant divers documents et revues consacrés au conflit israélo-arabe et à la situation des citoyens arabes d’Israël, est une organisation proche du mouvement marxiste déjà cité L’organisation pour l’action démocratique (http://www.odaction.org/). Elle a élargi aujourd’hui son action, en particulier en fondant les centres communautaires Baqa dans plusieurs villages arabes et, plus récemment, Video 48, une maison de production de films documentaires sur la situation des citoyens arabes d’Israël et des Palestiniens de Cisjordanie et Gaza. Le site offre un compte-rendu de ses activités ainsi que de nombreuses informations sur la situation socio-économique des Arabes d’Israël.

Neve Shalom (Oasis de paix) (http://www.nswas.com) (12 langues dont le français), village situé entre Jérusalem et Tel-Aviv, a été fondé en 1971 par des citoyens juifs et arabes militant pour la paix et l’égalité. Une cinquantaine de familles juives et arabes y vit ensemble au quotidien et organise diverses actions destinées à promouvoir la coexistence.

L’association Coexistence (Ta‘âyush) (http://www.taayush.org) (anglais, arabe, hébreu) a été créée peu après les événements d’octobre 2000 par des Arabes et des Juifs israéliens afin, comme son nom l’indique, de promouvoir la coexistence entre Juifs et Arabes en Israël, mais aussi de combattre l’occupation par Israël des territoires palestiniens. Elle se mobilise tout particulièrement contre la construction du mur de séparation. Le site offre un compte rendu de ses activités.

Citons enfin The Center for Jewish-Arab Economic Development (http://www.cjaed.org.il) (arabe, hébreu, anglais), association consacrée à la promotion d’un développement économique judéo arabe, en Israël même mais aussi à l’échelle du Moyen-Orient tout entier.

Les associations de la diaspora juive

Certaines associations de la diaspora juive militent pour l’avènement d’un nouvel Israël respectueux des différences et financent une grande partie des associations arabes et juives mentionnées ci-dessus. New Israel Fund (http://www.newisraelfund.org) a été créé en 1979 par des intellectuels israéliens, américains et européens. Son bureau principal se trouve à Washington mais il dispose de branches en Israël, en Grande-Bretagne, en Suisse et au Canada. Il est actuellement dirigé par Yoram Peri, professeur de Science politique à l’Université hébraïque de Jérusalem et ancien conseiller d’Itzhak Rabin. Son site Internet présente un rapport sur ses activités ainsi que des données régulièrement actualisées sur la situation des Arabes d’Israël. L’Abraham Fund (http://www.abrahamfund.org) a quant à lui été créé en 1989 à New York par un homme d’affaires philanthrope, Alan B. Slifka, et un rabbin, Eugène Weiner. Ainsi nommé en l’honneur de l’ancêtre éponyme commun aux Arabes et aux Juifs, l’Abraham Fund a vu son action en faveur de la coexistence entre citoyens israéliens arabes et juifs récompensée par la Knesset en 2000. Son site Internet offre un compte-rendu de ses activités mais également d’intéressantes données sur la situation des citoyens arabes.