• menu
  • Accueil du site





  •  Intranet MOM

  • Accueil du site > La MOM > AAMO > Les voyages 2012
    AAMO
    date publi 19/06/2012
    Les voyages 2012

    Voyage 2012 - L’Epopée macédonienne

    Chers Amis,

    Cette année notre voyage nous emmènera en Macédoine, notamment sur l’île de Thasos, du 29 septembre 2012 au 9 octobre 2012.

    Après avoir découvert l’an dernier les confins de l’empire du Grand Alexandre, et sans doute marché sur un de ses magnifiques palais encore enfouis, c’est au pays de ses origines que nous irons nous promener. Ce voyage de 11 jours élaboré avec l’aide précieuse de Jean-Claude Decourt, chercheur à HiSoMa, nous fera découvrir une région de la Grèce aux paysages magnifiques, aux vestiges somptueux, aux petites églises byzantines et vieilles demeures ottomanes.
    Ce voyage spécial AAMO nous permettra d’être guidé et reçu par des membres de l’Ecole Française d’Athènes et les conservateurs et responsables des sites.

    - Programme (.pdf)
    (photo : Vue aérienne d’une partie de la ville de Pella - @ DR)


    Voyage du 13 au 23 septembre 2011

    Impressions de voyage en Ouzbékistan ou l’Asie centrale revisitée par les Soviets

    Entre Paris et Tachkent, les communications aériennes sont rapides : après 6 heures de vol direct par la compagnie Uzbekistan Airways, nous atterrissons à Tachkent le 14 septembre au petit matin (décalage horaire de 3 h.) et au retour, après 2 h. de retard au décollage, le 23 septembre à 21 h 30 à Paris. De même sur place, le déplacement en avion de Tachkent à Ourgench (1 000 km environ) conduit de la capitale à Khiva en 1h 40. Au contraire, la traversée du pays effectuée par la route d’Ouest en Est, même si elle est moins hasardeuse qu’au temps des caravanes, nécessite encore en ce début du 21e siècle 11 heures de voyage pour parcourir les 470 km qui séparent Khiva de Boukhara sur une route actuellement en construction (celle qui longe l’Amou-Daria est désormais au Turkménistan de l’autre côté de la frontière) ; une demi-journée de Boukhara à Samarcande (460 km) et une autre demi-journée pour revenir de Samarcande à Tachkent (370 km). D’une étape à l’autre, on découvre successivement les méandres de l’Amou-Daria, puis du Syr-Daria, la steppe désertique qui s’étend à perte de vue, les maisons à toits de tôle dans les villages traditionnels et les immenses champs de coton où la population se livre à la récolte.

    Notre guide est une grande jeune femme brune, habillée de jeans et de tee-shirts moulants qui, le portable dans une main, règle le programme des journées au chronomètre et, le micro dans l’autre, discourt d’abondance sur l’art islamique, Tamerlan et ses héritiers. Fière de son prénom « occidental », Éléonore, et de ses origines (russe par sa mère et arménienne par son père, donc orthodoxes) elle n’appartient pas au peuple « ouzbek », mais elle revendique son identité « ouzbékistaine ». Vu son âge, elle a été formée dans les écoles russes, mais elle évoque les rites du mariage traditionnel ouzbek comme si c’étaient les siens et, comme tout bon guide agréé par le gouvernement, elle décrit -sans aborder les questions de la corruption du pouvoir et de la liberté d’expression- les bienfaits du système scolaire, sanitaire et les progrès de l’économie. Alors pourquoi a-t-elle envoyé son fils faire sa médecine à St-Pétersbourg ?
    Dans ses relations avec le groupe, elle peut être déconcertée par les comportements des peuples latins : haie d’honneur et applaudissements au passage d’un groupe espagnol, pots improvisés avec les bouteilles apportées dans les valises pour fêter un anniversaire ou la fin du voyage. Jalouse de son savoir, elle a du mal à céder la parole à Rémi Boucharlat, accompagnateur scientifique de la MOM, ou aux chercheurs de la mission franco-ouzbeke d’Afrassiab lors de la visite du site.

    Voyageurs éclairés, sans prétention ni snobisme, les 28 membres du groupe, qu’ils soient chercheurs de la Maison de l’Orient, vieux routiers ou nouveaux venus dans l’Association, tous partagent la même curiosité à l’égard de l’Asie centrale qu’ils découvrent pour la première fois. Pas de chutes ni d’accidents graves, pas de membres égarés ou perdus, pas de clans ni de critiques, mais des relations amicales devenues plus étroites au fil des jours. Mais la cohésion du groupe —comme celle des autres groupes rencontrés d’une étape à l’autre— se manifeste dès le matin et surtout lors des repas pour des raisons plus triviales ; victimes pour la plupart de maux intestinaux violents, passagers ou récurrents, les voyageurs occidentaux accusent les crudités, l’eau du robinet ou l’huile de coton, s’échangent des comprimés et des conseils diététiques et se mettent sans regret au régime « riz / coca » : que ce soient des buffets dans les hôtels, des repas dans des restaurants « locaux » ou chez l’habitant, le menu est toujours le même : hors d’œuvres variés crus ou cuits, bouillon de poule ou de légumes, plat de résistance où les brochettes se font de plus en plus rares, thé vert qui sent le foin et éventuellement un dessert (fruits ou gâteau) ; le vin est acide, le café sans saveur et l’eau minérale même capsulée suscite le doute quant à son origine… Seules la bière et la vodka n’inspirent aucune réserve ! Les hôtels « de luxe », meublés et décorés à la Soviétique, offrent des salles à manger somptueuses, des chambres confortables et spacieuses, des salles de bains bien équipées et des jardins fleuris et ombragés.

    Sur les sites, le groupe se resserre autour d’Éléonore pour écouter la bonne parole, puis s’étire et se disloque soit pour prendre des photos ou sortir le carnet de croquis, soit pour jouir à soi seul de la beauté des monuments, soit enfin pour céder aux sollicitations des marchands et des marchandes surgis des boutiques installées dans tous les lieux touristiques : coups de foudre immédiats, bonnes affaires réglées en euros le plus souvent. Que de trésors aussitôt enfouis dans les sacs en plastique l’Orient offre encore aux Occidentaux avides d’exotisme ! châles en poil de chèvre ou de chameau, toques de loup ou de karakul (astrakan), plats en céramique, bandes de soie zébrées (ikat), cotonnades brodées de dessins floraux (souzanis), sacs brodés, Cet artisanat traditionnel est sauvé de l’oubli pour satisfaire à la demande des touristes soit dans des maisons de l’artisanat nouvellement créées dans les villes, soit sur les sites où les femmes tricotent des chaussettes, brodent à la main ou cousent à la machine et où les hommes fabriquent des couteaux et des ciseaux, peignent des miniatures persanes, sculptent des objets en bois. Pour les tapis, les kilims et les manteaux d’astrakan, en dépit de quelques tentatives, il faudra repasser …

    Quant aux minarets et mosquées, madrasas et mausolées, caravansérails et khanaqats (réservés aus derviches errants) de Khiva, Boukhara, Samarcande et Tachkent que les récits ou les dessins des voyageurs des siècles passés nous avaient livrés vivants dans leur cadre contemporain, la ferveur musulmane et le tumulte des caravanes, ils ont survécu, isolés et anachroniques, mais puissamment restaurés par des artisans habiles, dans des villes modernes en pleine expansion : tel le Reghistan à Samarcande ou l’ensemble Khazet Imam à Tachkent. Sous la coupe soviétique laïque, ls ont perdu, à l’exception des mausolées et de quelques mosquées, leur fonction originelle (la pratique et l’enseignement de la religion musulmane) et sont envahis aujourd’hui par des « marchands du temple » qui ne se soucient guère de prières et font commerce avec les ennemis d’Allah ! Enfin, comme le montre la comparaison des photos du début du 20e siècle avec celles d’aujourd’hui, les monuments n’ont pu survivre à l’usure du temps que grâce à des restaurations récentes. Faut-il donc remercier le régime soviétique, puis ouzbek, d’avoir sauvé le patrimoine musulman de l’Asie centrale pour l’offrir plus beau que jadis aux yeux émerveillés des touristes étrangers ? voir en particulier la ville de Khiva prise entre ses murailles, conservée comme une ville musée ou la nécropole de Chakhi-Zinda à Samarcande, à laquelle l’Unesco a supprimé son inscription au patrimoine de l’Humanité précisément pour restauration abusive. Toujours en quête d’un passé perdu, les voyageurs de la Maison de l’Orient se sont rendus sur le site d’Afrassiab, ancienne ville de Samarcande, à proximité de l’agglomération. Matinée consacrée à l’archéologie, grâce aux relations des chercheurs de la MOM : visite des locaux où les chercheurs restaurent les peintures trouvées sur le site ; sur le site lui-même, on a de la peine à imaginer les fouilles présentées sur les plans tant l’architecture de terre résiste mal aux injures du temps ; mais le plateau ce jour-là battu par le vent, offre une vue incomparable sur la ville moderne ; le musée enfin présente les diverses périodes d’occupation de la ville ancienne et les fresques d’un palais sogdien (4°-5° s. av. J C) à l’époque où les caravanes de la Route de la soie apportaient la prospérité au seigneur de Samarcande.

    Par delà la découverte de sites musulmans ou archéologiques, quel a été notre contact avec les populations Ouzbeks, Kazaks, Kirghises, Turkmènes, Tadjiks, etc., peu à peu laïcisées et privées de leur propre passé par la colonisation russe (1868-1917), puis l’occupation soviétique (1920-1990) ? Certes on n’entend presque plus d’appel à la prière, on ne voit plus guère de fidèles dans les mosquées où les étrangères entrent sans se couvrir ni la tête ni les bras, mais les « Ouzbekistanais » se rendent en famille les jours de congé dans les mausolées et les nécropoles où ils se livrent à de superstitions diverses : ainsi à Boukhara, dans le mausolée de Bakhaouddin Nakhchbandi, figure vénérable de l’Islam soufique, les pèlerins tournent autour du mûrier qui aurait germé de son bâton et y déposent des vœux ou de l’argent. D’autre part, depuis l’indépendance, les Ouzbeks ont fait de Tamerlan leur héros fondateur. Ses colossales statues ornent les places des villes, son Palais Blanc (l’Ak-Saraï) à Chakr i Sabz, sa ville natale et son tombeau, le Gour Emir, à Samarcande sont le but des sorties familiales, les jours de fête. De plus, la restauration de l’Observatoire d’Ouloug Beg, le petit-fils de Tamerlan, et la création d’un musée consacré à ses travaux astronomiques, attirent surtout la jeunesse. On constate que tous ces lieux publics ou religieux ne sont pas réservés aux hommes : les femmes ne sont pas reléguées à la maison, mais elles se promènent, accompagnées de jeunes filles très minces et d’enfants qui jouent autour d’elles, ni voilées, ni vêtues de grands manteaux, elles portent des robes fleuries, des foulards noués derrière la tête et leur sourire laisse apercevoir des dents couvertes d’or. L’atmosphère est bon enfant entre Ouzbeks et les échanges (sourires, paroles, photos) avec les touristes étrangers sont immédiats… L’exotisme est réciproque.
    Sous une autre forme, celle-là non pas spontanée mais organisée, des spectacles artistiques nous ont été présentés : dans une madrasa de Boukhara, nous avons admiré la grâce et l’élégance des jeunes filles se livrant à des danses folkloriques traditionnelles et à un défilé de mode de type occidental ; à Samarcande, dans une mosquée, on a entendu un concert de musique « classique » (piano, violoncelle et flûte ouzbek) ; dans la cour d’un centre de l’artisanat, une troupe d’amateurs mettait en scène les péripéties d’un mariage ouzbek à la campagne.

    Ce voyage rapide de 8 jours et organisé par une agence locale nous a fait découvrir les merveilles de l’art musulman conservées à Khiva, Boukhara, Samarcande et Tachkent, mais ne nous a pas permis de visiter les quartiers populaires des villes, ni les villages traditionnels demeurés à l’écart des circuits touristiques. De plus, étant dans l’impossibilité de rencontrer la population et de communiquer avec elle en russe ou dans les langues du pays, on n’a vu que ce que la guide nous a montré ou entendu que ce qu’elle a voulu nous dire… Mais ce qui reste dans notre souvenir, ce ne sont pas des exposés historiques, ni même des noms de monuments ou de personnages célèbres, mais les images visuelles de l’architecture islamique d’une incomparable beauté : vue de Khiva depuis la tour Ak Cheikh, sans la moindre fausse note d’une construction moderne, panorama de l’oasis de Samarcande depuis le plateau d’Afrassiab…, tel qu’il pouvait s’offrir aux caravanes, et dans le détail, couleur claire de la brique, hauteur des minarets cylindriques, diversité des dômes qui surplombent les mosquées, dimensions des cours des madrasas bordées de cellules pour les étudiants, intérieurs et coupoles des mosquées…, et plus encore la décoration des monuments : mosaïques de couleur bleue, verte et marron, motifs géométriques, floraux ou étoilés, arabesques et inscriptions.

    Comme ce voyage présentait la vitrine de l’Ouzbékistan, sans nous permettre de pénétrer plus avant, nous avons établi des comparaisons avec les pays voisins déjà visités. Le rapprochement avec l’Iran est assurément évident en ce qui concerne le climat ou la géographie : outre la transparence de l’air, les grands espaces bordés par les montagnes, le contraste entre les zones désertiques et les oasis verdoyantes, et pour ce qui est de l’architecture islamique, les modes de construction et les procédés décoratifs font penser à ceux de Shiraz et d’Ispahan. Si on évoque les pays arabes, on ne retrouve pas l’atmosphère des souks de Damas ou d’Alep dans les bazars de Tachkent ou de Samarcande, abrités sous de grands toits, mais ouverts latéralement : les étals sont construits en béton, l’ordre et la propreté règnent, pas d’odeurs fortes ou de cris des marchands ! On ne retrouve pas non plus la nonchalance ou le fatalisme des Arabes chez les Ouzbeks d’aujourd’hui : ils ne savent plus dire « inch Allah » ou « boukhra » ; la marque soviétique qui les a formatés pour être sérieux, ponctuels, efficaces, semble indélébile et irréversible. D’ailleurs dans les quartiers modernes des villes, les larges avenues, les parcs ombragés et fleuris, les statues colossales, les monuments publics imposants font penser à Saint-Pétersbourg ou à Berlin. L’Ouzbékistan demeure, aujourd’hui comme hier, au carrefour des civilisations…

    Marie-Laure AURENCHE, octobre 2011


    lire | fr | auteur(s) : DEVELAY Caroline impr
    1. autre art
    2. Association des Amis de la Maison de l’Orient
    3. Prix Marie-Jo Chavane 2013
    4. Prix Marie-Jo Chavane 2012
    5. Subvention chercheurs 2013
    6. Les voyages 2013
    7. Les voyages 2012
    8. Activités adhérents 2013
    Maison de l'Orient
    et de la Méditerranée
    5/7, rue Raulin
    69365 LYON cedex 07
    tel : 33 [0]4 72 71 58 00
    fax : 33 [0]4 78 58 12 57
    webmaster@mom.fr
    credits plan syndic