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    Grand public
    date publi 06/01/2012
    Le territoire syrien à travers les âges
    La Maison de l’Orient et de la Méditerranée propose 5 soirées au cours desquelles ses chercheurs présenteront différents aspects de leurs travaux sur la Syrie éclairant ainsi l’évolution de ce territoire charnière, de la Préhistoire au monde contemporain.

    - du 24 janvier au 3 février 2012 - de 18h à 20h - amphithéâtre Benveniste - MOM, 7 rue Raulin – Lyon 7ème
    - contact : service communication
    - Plaquette (.pdf)

    * Premiers villages de Syrie - L’invention de la sédentarisation du Xe au VIIIe millénaires avant notre ère.
    - mardi 24 janvier 2012
    - Bibliographie (.pdf)

    Le Proche-Orient est connu comme un foyer d’invention avec à l’apparition, il y a plus de 10 000 ans, des premiers villages et de la domestication des plantes et des animaux. Pendant longtemps, il a semblé que ces transformations avaient pris naissance aux deux extrémités du Croissant fertile, au Levant sud et dans les monts du Zagros (Kurdistan), le territoire syrien restant un temps à l’écart. Initiées par l’équipe lyonnaise créée par Jacques Cauvin, les recherches dans le nord et le centre de la Syrie ont montré a contrario que cette région avait constitué, dès le départ, un foyer majeur d’innovation. Les études pluridisciplinaires et les fouilles conduites, depuis les années 1970, par le laboratoire Archéorient sur divers sites de la vallée de l’Euphrate et de la steppe syrienne permettent aujourd’hui de mieux comprendre le long processus qui a conduit d’un mode de vie de chasseurs-cueilleurs nomades à l’invention de la sédentarisation et de villages dont l’organisation témoigne d’une évolution sociale à l’origine des villes et des civilisations orientales postérieures.

    Soirée proposée par Éric Coqueugniot et Frédéric Abbes, archéologues au CNRS et tous deux membres du laboratoire Archéorient. Éric Coqueugniot est responsable de la fouill e de Dja’de sur l’Euphrate syrien (IXev millénaire av. n.-è. et directeur de la revue Paléorient (revue du CNRS sur la préhistoire et la protohistoire de l’Asie du  Sud-O uest et de l’Asie centrale).  Frédéric Abbes est responsable des fouilles dans le Bal’as, en Syrie centrale, et spécialiste de la technologie lithique du Néolithique précéramique.
    (Illustration : Wadi Tumbaq 3 © Frédéric Abbès, Archéorient)


    * Villes de Syrie dans l’histoire. Des premiers urbanistes à la ville islamique
    - mercredi 25 janvier 2012
    - Bibliographie (.pdf)
    - podcast de la conférence

    C’est à un voyage à travers le temps et l’espace syrien que nous vous convions grâce à la visite de villes fouillées par des équipes franco-syriennes travaillant à la MOM. Nous parcourrons des villes rondes conçues par les premiers urbanistes de l’histoire, au IIIe millénaire, dans la steppe aride, au centre-ouest du pays : Tell Al-Rawda, Tell Sha’irat, Tell Mishirfé/Qatna et Tell es Sour. Puis nous nous rendrons à Terqa, capitale du Moyen-Euphrate syrien pendant plusieurs siècles. Notre voyage se poursuivra dans des villes fondées à partir de l’époque hellénistique, à Cyrrhus et Chalcis/Qinnasrin, en Syrie du Nord, puis à Doura-Europos et Zenobia Halabiya, dans la vallée de l’Euphrate. Sur ces derniers sites, les fouilles, associées notamment à des prospections géophysiques, éclairent d’un jour nouveau l’urbanisme des villes de l’antiquité classique et l’évolution urbaine aux époques byzantine et islamique. En évoquant les avancées récentes de nos recherches nous insisterons sur les formes urbaines, leur évolution, le rôle qu’a pu jouer la planification dans la création de certaines villes, les relations qu’entretenaient ces villes et les territoires qu’elles contrôlaient.

    Corinne Castel du laboratoire Archéorient et Marie-Odile Rousset du laboratoire GREMMO, archéologues au CNRS et spécialistes respectivement de l’âge du Bronze et de l’Islam médiéval, présenteront cette soirée. Elles se feront l’écho des recherches qu’elles dirigent à Tell Al-Rawda et Chalcis/Qinnasrin et de celles de leurs collègues français et syriens impliqués sur les différents sites mentionnés : George Mouamar (Tell Sha’irat et Tell Es Sour) et Yasmine Khanouch (Tell Mishirfé), sous la direction de Michel Al-Maqdissi, Olivier Rouault (Terqa), Christophe Benech (prospections géophysiques à Cyrrhus et Doura-Europos) et Sylvie Blétry (Zenobia Halabiya).
    (Illustrations : Proposition de restitution du sanctuaire d’Al-Rawda, Syrie (vers 2 200 av. J.-C. ) par J.-Y. Ubelmann et C. Castel © Mission archéologique syro-française de la Syrie du Nord – Le pretorium de Zénobia-Halabiya, Syrie © Mission archéologique d’Halabiya)


    * Promenades épigraphiques en Syrie. D’Alexandre à Mahomet
    - mardi 31 janvier 2012
    - Bibliographie (.pdf)
    - Podcast de la conférence

    Les hommes de la Syrie antique ont beaucoup confié à la pierre. Gravées dans le marbre, peintes aux murs ou encore dessinées sur des tapis de mosaïque, leurs inscriptions sont particulièrement nombreuses et variées pour la période comprise entre la conquête d’Alexandre le Grand, à la fin du IVe siècle av. J.-C., et l’avènement des Omeyyades, au début du VIIe siècle ap. J.-C. La diversité des langues dans lesquelles elles sont rédigées (non seulement le grec et le latin, mais aussi le phénicien, l’araméen, l’arabe, l’hébreu et les dialectes apparentés) reflète la bigarrure ethnique et sociale des communautés locales. Certaines de ces inscriptions intéressent l’histoire politique, les institutions des cités, l’économie urbaine et villageoise, l’armée, la vie religieuse et l’organisation des réseaux routiers. D’autres évoquent plus simplement les hommes, telle l’épitaphe de cette Gauloise, née à Rouen et devenue l’épouse d’un officier de l’armée romaine, qui mourut dans le sud de la Syrie, à l’autre bout de l’Empire, en l’an 342 ap. J.-C. Grandioses ou modestes, toutes forment un ensemble qui constitue l’une des sources majeures de l’histoire du pays. Maurice Sartre nous invite à parcourir la Syrie, de la Méditerranée à l’Euphrate, à la découverte de ces documents irremplaçables.

    Maurice Sartre est professeur émérite d’histoire ancienne à l’Université François-Rabelais de Tours et membre de l’Institut universitaire de France. Il participe au programme des Inscriptions grecques et latines de la Syrie (IGLS), attaché à la chaire d’épigraphie de l’Université Lyon 2 depuis ses origines et aujourd’hui piloté par le laboratoire HiSoMA. Auteur d’un ouvrage de synthèse remarqué sur l’histoire du Proche-Orient hellénistique et romain (D’Alexandre à Zénobie), il a également publié les tomes des IGLS consacrés à la ville de Bostra, en Syrie, et à celle de Pétra, en Jordanie. Ses recherches actuelles préparent l’édition de plusieurs milliers d’inscriptions grecques et latines du Hauran syrien.
    (Illustrations : Inscription honorifique grecque et araméenne de la grande colonnade de Palmyre – Stèle funéraire du Hauran © Julien Aliquot, CNRS, laboratoire HiSoMA)


    * Patrimoine historique, patrimoine habité. La ville d’Alep et les villages antiques de la Syrie du Nord.
    - mercredi 1er février 2012
    - Bibliographie (.pdf)
    - Podcast de la conférence

    Les paysans et propriétaires des campagnes de la Syrie du Nord contribuent, depuis des siècles, à modeler le paysage dans lequel se fondent une centaine de villages antiques abandonnés ou réoccupés de l’époque médiévale à nos jours. Les limites des parcelles se superposent aux cadastres antiques, et l’habitat traditionnel est construit sur les ruines des maisons romaines ou byzantines. Depuis une trentaine d’années, les habitants de la région (paysans, lycéens ou professeurs des écoles) participent aux chantiers archéologiques qui se déroulent dans trois villages antiques (Sergilla, El Bâra, Ruweiha) où les notions de patrimoine historique et de patrimoine habité se mêlent étroitement. À Alep, les vieux quartiers sont encore animés par le quotidien d’une société aux modes de vie hérités du passé. Même si ces habitants ne sont pas tous issus de la société d’origine, ils y préservent un mode de vie qui correspond à des formes de l’espace habité plus ou moins modifiées pour être adaptées aux besoins modernes. Cette continuité n’est pas toujours respectueuse des règles de protection d’une authenticité prétendue. Toutefois, elle préserve le sens de l’espace. Dès lors, n’est-elle pas un mode de conservation du patrimoine matériel souvent plus authentique que la restauration parfois très agressive qui accompagne l’activité touristique et la contemplation  ?

    Conférences proposées par Gérard Charpentier, architecte au CNRS, directeur de la mission archéologique de la Syrie du Nord, membre de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée et Jean-Claude David, géographe-urbaniste, chercheur associé au GREMMO.
    (Illustrations : Maison antique du village de Sergilla © Mission archéologique de la Syrie du Nord – Palais alépin des XVIIe-XVIIIe s. transformé en hôtel © Jean-Claude David, laboratoire GREMMO).


    * Alep et ses territoires. Alep et la mondialisation. Les nouveaux espaces commerciaux à Alep. Urbanisme et héritage.
    - vendredi 3 février 2012
    - Bibliographie (.pdf)
    - Podcast de la conférence

    Alep, métropole du Nord syrien, était encore au XVIIIe siècle la troisième ville de l’Empire ottoman. Étape ancestrale de la route de la soie, rayonnant sur un arrière pays fertile, forte d’une riche tradition artisanale, elle était au centre d’une région couvrant le sud-est anatolien et les plaines de Syrie du Nord. En 1923, privée par le traité de Lausanne de ses liens avec le sud-est anatolien, elle se redéploie vers la Jézireh et se recentre sur l’industrie avec un certain succès puisque jusqu’à l’indépendance, en 1946, elle demeure plus peuplée que Damas. Mais, avec l’affirmation de cette dernière comme capitale de la Syrie, Alep entame un déclin qui s’accentue avec la politique de centralisation du régime baathiste en 1963. Alep retrouve les bonnes grâces du régime dans les années 1990 et voit son activité économique se redresser. Elle bénéficie ainsi d’un accord de libre-échange liant depuis 2005 la Syrie à la Turquie. Mais l’ouverture économique a aussi ses inconvénients car les petites et moyennes entreprises alépines souffrent de la concurrence des produits turcs et chinois. Dans le textile, d’importantes faillites ont eu lieu. Aujourd’hui, le tourisme est devenu une ressource essentielle et le patrimoine culturel est l’un des éléments clés de l’urbanisme dans le centre ville.

    Conférences de Fabrice Balanche, géographe, maître de conférences à l’université Lumière Lyon 2, directeur du laboratoire GREMMO, de Thierry Boissière, anthropologue, maître de conférences à l’université Lumière Lyon 2, et de Jean-Claude David, géographe urbaniste, tous deux membres du GREMMO.
    (Illustration : Entrée de la citadelle d’Alep © Marie-Odile Rousset, CNRS, laboratoire GREMMO)


    lire | fr | auteur(s) : DEVELAY Caroline impr
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