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Thème clos en 2006 : Sciences liées au temps des hommes
date publi 13/06/2012
Groupe de lecture
Karl Popper : « La logique de la découverte scientifique »
Dans le cadre du thème, Jean-Louis Léonhardt a animé, de 2001 à 2003, un groupe de lecture de textes de l’oeuvre de Karl Popper.
Problématique
Karl Popper est considéré comme un des plus grands épistémologues du XXe siècle. Il a traité de toutes les disciplines scientifiques mais son oeuvre majeure, qu’il n’a cessé de remanier, « La logique de la découverte scientifique », emprunte ses exemples à la physique contemporaine, ce qui rebute de nombreux lecteurs des sciences de l’homme et de la société. Tel n’est pas le cas du chapitre premier de ce livre où K. Popper présente une synthèse magistrale, en quelques dizaines de pages, de sa théorie de la connaissance scientifique. Il introduit les concepts fondamentaux de sa pensée comme la démarcation (qu’est-ce qui distingue une proposition scientifique d’une proposition non scientifique ?), la réfutation (pourquoi une proposition scientifique peut-elle être rejetée avec certitude ?), la critique de l’induction, la distinction entre objectivité scientifique et conviction subjective, etc.
La proposition de lecture que nous faisons ici de la théorie de la connaissance scientifique proposée par K. Popper est fondée sur l’hypothèse suivante : cet auteur a tenté de théoriser un changement de pratique des chercheurs en sciences de la nature lié à l’apparition de théories totalement nouvelles comme la relativité générale d’Einstein. Une idée commune consiste à affirmer que l’épistémologie de la physique nouvelle sépare définitivement les démarches des sciences de l’homme de celles des sciences de la nature. L’hypothèse, proposée au groupe pour guider notre lecture, consiste à affirmer – au contraire – que la théorie de la connaissance proposée par Karl Popper unifie toutes les sciences en rapprochant la démarche de la physique de celle des sciences de l’homme et de la société. Ainsi, la distinction, introduite par William Dilthey, entre expliquer, qui serait propre aux sciences de la nature et comprendre, ce qui caractériserait les sciences de l’homme, paraît aujourd’hui totalement inopérante.
Pour être cohérent avec la théorie de Karl Popper, qui affirme qu’une hypothèse ne peut jamais être « vérifiée » mais peut être réfutée avec certitude, il a été proposé au groupe de lecture de réfuter l’hypothèse ici esquissée et qui peut être formulée de façon quelque peu provocatrice : aucune science n’est « dure »", elles sont toutes « molles ».
Une lecture critique du livre de K. Popper « La logique de la découverte scientifique » sera prochainement proposée ici.
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