économie et société
Dates à préciser
Table-ronde organisée par M.-Th. Le Dinahet, université Lyon 2-IRAA, A. Peignard, Lyon2-HiSoMA, et H. Siard, université Paris IV-IRAA
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Propos
Les recherches des vingt dernières années ont renouvelé l’histoire de la Grèce à l’époque impériale grâce à la progression des études épigraphiques – voir, notamment, les études sur la romanisation dans Meletemata et les publications des inscriptions de la Grèce du Nord – et des études archéologiques ; de nombreuses synthèses (Sparte, Athènes etc.) sont parues, mais la région des Cyclades a pourtant été négligée.
Après l’œuvre magistrale de P. M. Nigdelis , Politeuma kai koinonia ton poleon ton Cycladon kata ten ellenistiké kai autocratiké époché, Thsesslonique 1990) présentant la classe de notables qui domine politiquement les poleis à l’époque impériale, les nombreuses découvertes archéologiques n’ont pas donné lieu à des analyses de l’histoire économique et culturelle de ces îles sous le haut empire. L’ouvrage de Patrice Brun « Les archipels égéens dans l’antiquité grecque, paru en 1996, a certes rassemblé tous les témoignages littéraires qui indiquent que cette région si dynamique jusqu’à l’époque hellénistique est devenue une aire de pauvreté, d’exil que l’on devait fuir pour les régions prospères de la côte asiatique. Mais le déclin réel de Délos, comme celui du sanctuaire de Poséidon à Ténos, n’ont-ils pas influencé les écrivains qui donnent une image assez noire de la vie dans ces îles ? Les ports des Cyclades n’ont certainement pas cessé de jouer un rôle dans le commerce régional ou interrégional ; les ressources minières des îles n’ont pas cessé d’être exploitées (c’est le cas par exemple du marbre de Paros). Partant, ne convient-il pas de s’interroger sur la réalité de la « pauvreté » des Cyclades ? S’agit-il d’un simple topos littéraire ? Cette pauvreté correspond-elle au contraire à une situation socio-économique réelle ? L’approche directe des vestiges et de la documentation épigraphique est sans doute à même de modifier la vision que les auteurs anciens nous ont laissée des Cyclades.
Cette table ronde s’efforcera donc de dresser un bilan des échanges commerciaux, mais aussi des échanges culturels, à partir de l’apport des fouilles et découvertes archéologiques récentes, pour tenter de comprendre dans quelles conditions, après le demi-siècle qui a séparé les guerres de Mithridate de l’instauration de l’ordre augustéen, les villes des Cyclades se sont reconstruites ; comment le paysage urbain et rural s’est-il modifié ? Quelles continuités peut-on percevoir entre l’époque hellénistique et l’époque impériale ? Mais aussi quelles furent les ruptures et les innovations qui caractérisèrent cette période impériale dans les îles des Cyclades.
Organisateurs
Marie-Thérèse Le Dinahet, professeur d’histoire grecque à l’université Lumière Lyon 2
Annette Peignard, maître de conférence à l’université Lyon 2 – HiSoMA
Hélène Siard, maître de conférence à l’université Paris IV – IRAA